Selon vous, quel est le bilan de la gouvernance socialiste au conseil général de la Seine-Saint-Denis ?
Hakim Kadri : nous en faisons un constat amer avec le remboursement des emprunts toxiques mal renégocié à un taux d’intérêts d’environ 3.8% alors que le Conseil Général avait obtenu au tribunal des accords beaucoup plus intéressants avec par exemple un remboursement à 0.72% d’intérêts. Il y a une espèce de confiance aveugle à l’égard des banques. Les emprunts toxiques des villes représentent des milliards en France.
Dominique Pierronnet : le problème est que l’on oblige les collectivités locales a emprunté dans le privé comme des particuliers alors qu’elles pourraient le faire auprès de la BCE (Banque Centrale Européenne). LA BCE prête aux villes à taux zéro. C’est aberrant ! Les villes ne sont pas des particuliers mais des collectivités locales. Les banques paient les actionnaires sur le dos des collectivités locales .
Hakim Kadri : le Conseil Général de Seine Saint-Denis a aussi diminué le montant de l’aide apporté aux familles de manière générale. C’est le cas par exemple, de la baisse des subventions pour la carte Imagin’R pour les collégiens ou de la cantine aux collèges.
Quelles sont vos propositions pour ces élections départementales ?
Hakim Kadri : notre combat est entre autre le retour au secteur public des activités qui ont été déléguées par les socialistes au secteur privé. Nous voulons une reprise des services en gestion publique en particulier pour la gestion de l’eau, le nettoyage de la voirie et le gardiennage.
Dominique Pierronnet : le prix moyen d’un collège en Seine Saint-Denis est de 25 millions d’euros. Or avec le PPP (Partenariat public privé) le prix s’élève à 62 millions d’euros.
Les nouveaux collèges construits dans le département ont une capacité de 700 places. Il faudrait un tiers de collèges en plus avec seulement une capacité de 450 places car on sait que ce sont ces établissements qui fonctionnent le mieux que ceux à 700 élèves au sein desquels il y a plus d’incivilités et de violence.
On regrette aussi que le Conseil Général ait décidé de doubler le prix des repas à la cantine passant ainsi de 2 euros à 4 euros alors qu’il avait été baissé de moitié deux ans auparavant. Quand le Conseil Général avait diminué le prix des repas à la cantine, il y avait un taux plus élevé de demi-pensionnaires et donc cela veut que ça joue pour les familles. Nous, notre proposition est de ramener dans un premier temps le prix à deux euros et ensuite de travailler sur une gratuité totale. Là, on est sur du fondamental, le fait d’assurer des repas aux familles, c’est tout comme l’eau.
Hakim Kadri : notre autre priorité est la question du budget participatif élaboré avec les habitants. Les habitants peuvent décider de la vie commune dans leur ville qu’ils soient Français ou étrangers. Cela donnera la possibilité aux citoyens d’intervenir.
Il y a un autre point que nous dénonçons c’est le cumul des mandats. Nous contestons que les conseillers généraux sortants, c’est-à-dire la Maire de Bondy Sylvine Thomassin et Gilbert Roger Sénateur de Seine Saint-Denis, cumulent les mandats et les indemnités. On ne peut pas être partout à la fois à 100% !
Dominique Pierronnet : il faut supprimer les indemnités forfaitaires car dans ce cas on les perçoit toujours que l’on soit présent ou absent. Il faut un remboursement aux frais réels, c’est-à-dire à la présence. Cela me semble plus juste et couterait donc moins cher à la collectivité.
Autour de quelles idées principales s’articule votre programme ?
Hakim Kadri : notre programme qui tourne autour de trois idées clés : une priorité donnée aux collèges, un retour au secteur public de ses activités confiées au secteur privé et un budget participatif des citoyens.
Nous voulons permettre aux citoyens d’être au cœur des décisions, rendre le département à ses habitants, faire une politique sociale qui permette de renouer le lien social. On est originaire de Bondy et cela nous semble légitime de vouloir gérer cette ville et pas comme d’autres élus qui sont venus à Bondy pour faire carrière.
 
Propos recueillis par Cristel Fabris
 
 
 
 

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