Bercy est plein à craquer, en ce mercredi soir, pour le meeting de François Bayrou. Dix-huit mille partisans, à ce qu’il paraît. La vue d’un homme grand au crâne chauve parmi les invités d’honneur soulève des interrogations dans la tribune de presse. « Mais c’est qui ? » « On dirait Djamel Bouras. » Oui, la personne pressée par les caméras de télévision est bien l’ancien champion olympique de judo. Je quitte alors les bancs de la presse et rejoins, pour un court moment, le carré VIP. Je m’approche du judoka et lui pose la question: « Pourquoi François Bayrou et pas Nicolas Sarkozy ou Ségolène Royal ? » « Parce que François Bayrou a une vraie humanité et qu’il est le seul candidat qui puisse rassembler tous les Français de toutes origines. Sinon, ça va péter », répond-il. Pour Bouras, « Ségolène Royal est une erreur qu’ont effectuée les militants socialistes en la désignant ». Quant au candidat de l’UMP, « c’est un dictateur », tranche-t-il. 

Le soutien de l’ex-médaillé d’or d’Atlanta au candidat centriste est une aubaine pour ce dernier. Avec, déjà, Azouz Begag dans sa manche, le voilà désormais bien équipé pour aller à la rencontre du vote des quartiers populaires. Bouras et Begag sont tous deux des enfants de la banlieue lyonnaise. Le ralliement du judoka à François Bayrou s’est fait cette semaine. Il a rencontré le candidat centriste une première fois il y a quelques jours, puis une seconde fois, hier, avant le meeting de Bercy. Auparavant, Royal et Sarkozy, dit-il, avaient tenté de l’alpaguer. En vain. C’est le député-maire de Drancy, l’UDF Jean-Christophe Lagarde, qui, « avec un ami commun » à lui et à Djamel Bouras, a permis l’entrée du champion dans l’écurie Bayrou.

Antoine Menusier

Antoine Menusier

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