[#PRESIDENTIELLE2017] Ce samedi 22 avril, veille du premier tour de l’élection présidentielle, les reporters du Bondy Blog ont investi La REcyclerie, dans le XVIIIe arrondissement de Paris, pour une conférence de rédaction participative avec ses lecteurs. Objectif : réaliser différentes productions éditoriales avec le public autour du thème « citoyenneté et présidentielle ». Ici, un édito collectif : le vote est-il le seul moyen de se faire entendre et faire avancer la société ? Réponse

Pour nous, jeunes de Paris et des banlieues aujourd’hui réunis à la REcyclerie, le vote, c’est-à-dire ce bulletin glissé dans l’urne une fois tous les cinq ans pour la présidentielle par exemple, n’est pas un acte suffisant pour atteindre l’objectif de l’expression citoyenne. Selon nous, la citoyenneté doit également passer par d’autres formes d’engagement : parmi eux, l’engagement associatif, l’engagement syndical, la participation à l’économie solidaire et l’encouragement de la diversité et la liberté de la presse.

Le système politique actuel pose problème : il nous pousse à voter pour une personne, parfois même un personnage, pour une image comme si une seule et même personne, aussi providentielle qu’elle soit, puisse, seule, régler tous nos problèmes. Nous ne votons plus pour des idées, pour nos idées, pour des projets, des convictions, résultat de l’effondrement des partis politiques. Souvent, nous sommes même contraints à voter contre une personne. Le système représentatif s’est imposé comme la seule démocratie valable par rapport à la démocratie directe. Or,  le vote et les urnes ne sont ni nécessaires ni suffisants pour les avancées sociales. Il serait peut-être temps d’une mobilisation collective. Les exemples du passé sont nombreux comme en 1936 ou en 1968 pour ne citer qu’eux.

Alors dimanche, ne jetons pas la pierre à celles et ceux qui ont décidé de ne pas aller voter. Par dépit, par dégoût, par déception, par colère. Les abstentionnistes se détournent d’un système politique dans lequel ils ne croient plus, dans lequel ils n’ont plus confiance. Cela ne signifie pas qu’ils se détournent de la politique au sens premier du terme à savoir l’organisation de la vie dans la cité. Nombreux sont ceux par exemple qui oeuvrent au quotidien pour le collectif via des engagements associatifs mais qui refusent de participer au vote par conscience politique et par déception.

Aujourd’hui, nous avons perdu la sagesse de dire « je ne sais pas ». Nous n’arrivons plus à penser la complexité. Nous avons été enfermés dans un système binaire et manichéen. Être pour ou contre, se positionner, défendre ou rejeter la guerre en Syrie, les violences policières, l’esprit Charlie… Alors dimanche, peu importe le résultat, ce ne sera que le début de quelque chose. Les Français ne pourront pas se passer de l’engagement citoyen.

Les lecteurs Laura, Sandhya, Marwen avec Jonathan BAUDOIN et Kozi PASTAKIA

Articles liés

  • Ces citoyens qui misent sur Christiane Taubira pour l’Elysée

    Né sur les réseaux sociaux en juin 2020, le Collectif Taubira pour 2022 prend de l’ampleur. Alors que Christiane Taubira n’est pas officiellement candidate pour la prochaine présidentielle, des comités de soutien fleurissent aux quatre coins de la France. Qui sont-ils ? Quelle est leur stratégie pour emmener l’ex-garde des Sceaux à l’Elysée ? Reportage.

    Par Florian Dacheux
    Le 19/07/2021
  • Départementales : Aly Diouara : « Nos élus ont besoin d’un rappel à l’ordre »

    Le mouvement citoyen Seine-Saint-Denis au coeur a réalisé un score encourageant lors de sa première participation à un premier tour d’élection départementale, le 20 juin 2021. Formé en novembre 2020, il regroupe une cinquantaine de référents répartis dans une quinzaine de villes et désireux de rendre plus accessible la politique aux citoyens. Entretien avec Aly Diouara, candidat et porte-parole du collectif.

    Par Louise Aurat
    Le 25/06/2021
  • À défaut de voter contre, on ne vote plus

    Seul un électeur sur sept s'est rendu aux urnes pour voter lors du premier tour des élections régionales et départementales. Un abstentionnisme annoncé, dont l'augmentation après chaque scrutin local, choque toujours les observateurs et responsables politiques. Des positions souvent inquisitrices, loin de la réalité de l'offre politique face aux besoins qu'imposent l'époque. Édito.

    Par Jalal Kahlioui
    Le 21/06/2021