Université de Nanterre, plus de 35 000 étudiants, et forcément la politique y est plus que présente. Marie-Georges Buffet, Olivier Besancenot et Arlette Laguiller y sont passés faire campagne. On pourrait dire comme ça que c’est une fac de gauche. L’entre-deux tour est donc le dernier moment pour rassembler les derniers indécis, et pour ça, je suis allé à la rencontre des étudiants les plus impliqués. Ils ne représentent qu’une infime partie des étudiants, mais en tout cas, on ne peut pas les rater. Cette semaine, un groupe d’étudiants membres de l’association cultur’PX a organisé un festival antifasciste, avec au programme : ateliers, concours de poésies et de slams, conférences, débats, et concerts. Pour promouvoir l’évènement, des affiches ont été placardées un peu partout dans la fac, avec un message précis : il faudra voter contre Sarkozy au deuxième tour. L’assimilation au fascisme du projet présidentiel de Sarkozy est criante sur les affiches, sans compter tous les tags un peu partout, ce qui donne par moment du grand n’importe quoi.

Un membre de l’association m’affirme être apolitique, et qu’il ne pousse à voter pour personne. Mais pour les présidentielles, il demande à contrer Sarkozy car derrière le personnage, les idées rappellent fortement le fascisme, et que le 6 mai prochain il faudra voter soit Ségolène, soit blanc ! Sur le tract de l’évènement, on peut lire : « A ceux qui voudraient karchériser la France et qui prônent une identité nationale ne correspondant qu’à leur idéologie répugnante, Cultur’PX répondra toujours RESISTANCE ! ». Le ton est donné, mais tout ceci n’influence pas beaucoup les étudiants interrogés, qui parfois n’y font même pas attention; d’autres étudiants qui voteront Royal estiment que c’est exagéré d’assimiler Sarkozy et le fascisme. Le hasard a fait que le même jour de ma présence à Nanterre, une équipe de la Ségosphère était là entre la gare RER et l’université. Distribution du pacte présidentiel, information, affichage de la candidate du PS, discussion de persuasion, la mise en avant du programme de Royal est préférée à la diabolisation de Sarkozy. Par contre, je n’ai pas vu de mouvement pro Sarkozy. Les étudiants m’indiquent que selon les matières, il y avait des bâtiments de gauche comme celui de psychologie, et des bâtiments plus de droite comme celui du droit, mais que dans l’ensemble, la fac de Nanterre était de gauche; mais que si j’allais à Assas, là bas, ce serait une fac de droite. Ok, je prends le RER, direction Assas.

Quelques réactions. 2’50. facdenanterre.mp3

Chou Sin

Chou Sin

Articles liés

  • Le problème Roussel des élus des quartiers populaires

    Dans l’ancienne banlieue rouge, les élus locaux du PCF sont légion à serrer les dents face aux sorties réactionnaires de leur secrétaire national. L’omniprésence médiatique de Fabien Roussel et son éloignement manifeste des fondamentaux du parti commencent à être ouvertement critiqués. (Un article d'abord publié chez Mediapart, dans le cadre de notre partenariat).

    Par Héléna Berkaoui, Olorin Maquindus
    Le 04/10/2022
  • Gérald Darmanin à Mayotte : face à la détresse sociale, la répression comme seule réponse

    Lors d’une visite à Mayotte, Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur et des Outre-mer, a annoncé la couleur du quinquennat à venir. Restriction du droit du sol, enfermement d’enfants encadrés par des militaires et armement de la police comme seules réponses face à la montée de la violence dans le département le plus pauvre de France. Joao Gabriel, doctorant en histoire, et Bastua Soimadoune, militante mahoraise, analysent, pour le Bondy Blog, ces annonces.

    Par Anissa Rami
    Le 05/09/2022
  • Alter-votants : remettre le droit de vote des étrangers au cœur du débat public

    #BestofBB En France, les droits des étrangers s’arrêtent à la porte des bureaux de vote. Pour lutter contre ce péril démocratique, la plateforme Alter-votants a vu le jour en 2016, pour mettre en relation des votant·e·s français·e·s avec des personnes étrangères. L'idée : faire entendre la voix de tous les résident·e·s en France et remettre au cœur du débat le droit de vote des étrangers, promis depuis bientôt 50 ans sans jamais être acté.

    Par Margaux Dzuilka, Emilie Duhamel
    Le 01/09/2022