Ma nuit des longs couteux a été des plus courtes. La faute à Samir Khamassi qui, tard hier soir, m’a emmené boire un thé dans une chicha du centre de Lyon. Je ne vous en dirai pas le nom car figurez-vous qu’on y fume encore le narguilé. Affirmatif. Ça a un air de « prohibition », un truc qui donne bien la pêche. La police aurait tendance à fermer les yeux. N’empêche, le jeune patron a quand même dû se séparer de trois de ses cinq employés. Tout à l’heure, il faudra que je demande à Fadela Amara ce qu’elle pense de cette situation : « Alors, la chicha, oui ou non ? » C’est du concret.

Samir Khamassi est vaudais, autrement dit, originaire de Vaulx-en-Velin. Il y est élu municipal PS, en plus d’être conseiller régional. Il sait tout ou à peu près. Il m’apprend que Fadela Amara passe la nuit à l’Etap Hôtel de Vaulx, enseigne pas chère. Comme ça, ce matin, elle sera direct dans la place. Pour Christine Boutin, je n’ai pas d’info. Quand même, je vérifie. Avant d’écrire ces lignes au doux son matinal du chant des oiseaux, j’ai appelé la réception de l’Etap Hôtel : « Allo, bonjour Monsieur, j’aimerais parler à Mme Fadela Amara – Un instant, Monsieur… Ah, mais je ne peux pas vous la passer… Mais elle est bien là, dans la chambre… » Il me donne le numéro. Je suis bien content qu’il n’ait pas réussi à me mettre en contact avec la secrétaire d’Etat, de quoi j’aurais eu l’air ?

En tout cas, elle, elle dort à l’Etap Hôtel (jamais fait autant de pub dans un article). Ce matin, si elle regarde la télé dans sa chambre, elle verra peut-être les images, s’il y en a, du déplacement de Nicolas Sarkozy, hier, à Sartrouville. Quel coquin ! Il n’a pas pu s’empêcher de piquer la vedette à Fadela à H moins des poussières de l’annonce des grandes lignes du plan banlieues à Vaulx-en-Velin. J’espère que ça lui vaudra des points bonus dans les sondages. Sacré président, va !

J’arrête pas de boire du thé. Ça fait parler. Samir me dit que les élus socialistes n’honoreront pas de leur présence la venue de la secrétaire d’Etat. Jean-Jacques Queyranne le président du Conseil régional de Rhône-Alpes, Gérard Collomb le maire de Lyon, Hélène Geoffroy la candidate PS à la mairie de Vaulx, tous trois boycottent Fadela. En même temps, c’était beaucoup demandé à J moins quelques semaines des municipales. En revanche, il devrait y avoir Dominique Perben, l’UMP qui veut la place de Collomb. Et Boutin, bien sûr.

Après tout, c’est un peu grâce à elle si aujourd’hui Fadela présente ses grandes lignes (les grandes lignes de Fadela, ça sonne bizarre à la longue) à Vaulx-en-Velin. D’après Samir, c’est lorsque Christine Boutin a fait sa Don Quichotte en installant l’automne dernier le ministère du logement à Lyon, que le maire de Vaulx, Maurice Charrier, ex-communiste, divers-gauche, a déposé sa candidature comme ville-hôte de l’annonce du plan banlieues. Et c’est à lui que ça a été attribué. Pas mal, non ?

Bon, là, 7h38, faut que j’y aille. Juste un truc, encore : il paraît que le grand bastringue d’aujourd’hui coûte 600 000 euros à l’Etat. « C’est le budget annuel des trois centres associatifs de Vaulx », affirme Samir. Ça fait cher la grande ligne de plan banlieues. Et dire qu’on remet le couvert début février, avec le président cette fois. Allez, à tout !

Antoine Menusier

Antoine Menusier

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