Le rush médiatique  de la campagne présidentielle a commencé. Du moins c’est l’impression que donnait la troupe de journalistes agglutinée dans le hall du groupe scolaire Olympe de Gouges à Bondy. Au programme de la matinée, une conversation entre les membres de Stagiaire Impossible (un comité de jeunes professeurs) et François Hollande. L’ambiance est décontractée, les blagues fusent entre caméramans, preneurs de sons et rédacteurs. Cependant, lorsque le candidat arrive enfin et se dirige vers la salle où l’attendent les stagiaires, c’est le début de l’émeute. Ceux qui conversaient allègrement ensemble une seconde auparavant, se marchent déjà sur les pieds pour avoir le premier plan.

Pendant une heure et demi, le candidat écoute les témoignages des étudiants stagiaires. Ces derniers sont  vraisemblablement à bout de nerfs. Leurs expériences semblent toutes plus aberrantes les unes que les autres. Comme ce professeur de mathématiques d’un lycée de Seine-Saint-Denis : « Lors de ma première année en tant que stagiaire, j’avais 4 classes réparties sur 4 niveaux, 5ème 4ème, Seconde et Première. Je me suis parfois retrouvé face à des élèves plus âgés que moi. ».

Cette autre stagiaire s’est vue confiée une classe ULIS (Unité Localisée pour l’Inclusion Scolaire) au sein de laquelle elle a dû faire face à des élèves handicapés, sans pour autant avoir bénéficié d’une formation spécifique.

Le candidat Hollande a laissé s’exprimer sans intervenir les jeunes stagiaires. Par la suite, il a d’abord tenu à remercier les participants pour le métier qu’ils avaient choisi, les félicitant de « servir la République par l’éducation ». Il a rappelé qu’il avait fait de la jeunesse l’objectif principal de sa campagne et que pour lui il était « inconcevable » de supprimer les formations destinées à former les professeurs de demain. S’engageant solennellement à rétablir la formation initiale mais aussi à faciliter l’accès à la formation continue, il a répété sa volonté de créer 12 000 postes par an dans l’Education nationale. Répondant à une question d’un professeur en Seine-Saint-Denis, il a estimé impératif de rétablir un équilibre entre stagiaires et professeurs aguerris dans les établissements les plus difficiles.

Vers 13h30, M. Hollande a remercié ses interlocuteurs et s’est dirigé vers la sortie pour un point presse. Après une rencontre de près de deux heures sur l’éducation, les questions fusèrent sur d’autres sujets  : « M. Hollande, une réaction sur la condamnation de M. Chirac ? » « Elle doit passer pour que ne s’installe pas un sentiment d’impunité», répond-t-il, tout en ayant « une pensée pour l’homme Jacques Chirac ». Normal, ce dernier avait dit qu’il voterait pour lui.

Rémi Hattinguais

Articles liés

  • Le problème Roussel des élus des quartiers populaires

    Dans l’ancienne banlieue rouge, les élus locaux du PCF sont légion à serrer les dents face aux sorties réactionnaires de leur secrétaire national. L’omniprésence médiatique de Fabien Roussel et son éloignement manifeste des fondamentaux du parti commencent à être ouvertement critiqués.

    Par Héléna Berkaoui, Olorin Maquindus
    Le 04/10/2022
  • Gérald Darmanin à Mayotte : face à la détresse sociale, la répression comme seule réponse

    Lors d’une visite à Mayotte, Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur et des Outre-mer, a annoncé la couleur du quinquennat à venir. Restriction du droit du sol, enfermement d’enfants encadrés par des militaires et armement de la police comme seules réponses face à la montée de la violence dans le département le plus pauvre de France. Joao Gabriel, doctorant en histoire, et Bastua Soimadoune, militante mahoraise, analysent, pour le Bondy Blog, ces annonces.

    Par Anissa Rami
    Le 05/09/2022
  • Alter-votants : remettre le droit de vote des étrangers au cœur du débat public

    #BestofBB En France, les droits des étrangers s’arrêtent à la porte des bureaux de vote. Pour lutter contre ce péril démocratique, la plateforme Alter-votants a vu le jour en 2016, pour mettre en relation des votant·e·s français·e·s avec des personnes étrangères. L'idée : faire entendre la voix de tous les résident·e·s en France et remettre au cœur du débat le droit de vote des étrangers, promis depuis bientôt 50 ans sans jamais être acté.

    Par Margaux Dzuilka, Emilie Duhamel
    Le 01/09/2022