Un maire de Bondy, ça fait quoi pendant les vacances d’été ? Ça galère à Rosny 2 ? Ça pique-nique d’un sandwich thon à la catalane au parc de la Mare à la Veuve ? Ça compte les jours avant la rentrée scolaire ? Bien sûr que non. Après une année harassante au côté de Miss Royal, dont il guida les pas dans le 93, notre grand Maximo a bien droit à de vrais congés: trois semaines en Bretagne dans un petit village, du coté de Quimper, presque un rituel. Mais Gilbert Roger corrige aussitôt certains a priori : les vacances galères à Bondy, il en a eu sa part. « Contrairement à ce que les uns ou les autres peuvent penser, on n’était pas tellement riche à la maison. Les étés à jouer dans la rue, au mieux au centre aéré, ou des fois à ne rien faire du tout, j’ai connu aussi. »

Avec un père dans l’industrie, les mois estivaux du jeune Gilbert dépendaient surtout de Monsieur Août : « C’était la tradition, les usines s’arrêtaient durant ce mois ». Les 30 jours dédiés à Auguste étaient généralement passés en camping à la montagne ou dans le sud de la France en famille. Gilbert Roger a réalisé une partie de l’agôgè bondynoise, ces petits rituels qui forment la jeunesse du cru. Non, il n’est jamais rentré a pied de Paris le long du canal après avoir manqué le dernier train, mais il a fait ce passage obligé à Saint-Benoît-du-Sault, notre colonie de vacances officielle. Il y officiait en tant que maître nageur. « D’ailleurs, j’y passe au moins d’août, pas pour apprendre aux jeunes Bondynois à nager, pour ça, je dois passer ma révision. »

Plage, visite du terroir en famille, loin des grands centres touristiques, telles sont, désormais, les vacances de The Mayor. « Quand je dis où je vais, on me dit souvent : mais t’es fou ! Pourtant, je préfère mon style de vacances aux plages bondées ». Moi, je vais manger du pain à l’huile tout les ans à Tazmalt en Kabylie, parce j’ai de la famille là-bas. Serait-ce parce que notre maire à des liens en Armorique qu’il visite les menhirs ? « Une partie de ma famille est originaire de Bretagne, c’est vrai, mais ce n’est pas pour cela que je m’y rends. Je vais juste faire le touriste. Mon petit-fils nous accompagne, je suis tout jeune grand père. »

Bondy n’étant pas bâti entre deux plaques tectoniques, ni sur le flanc d’un volcan en activité, sa magistrature a rarement nécessité de cellule de crise, avec, pour effet, un rapatriement estival dans la mère patrie (Gilbert Roger touche du bois). Il n’empêche, le maire garde toujours un œil sur sa ville. « A l’époque où l’on ne disposait pas des moyens de communication d’aujourd’hui, je me trimbalais un fax avec d’énormes rouleaux de papier. Maintenant, avec Internet, je passe environ une heure par jour à répondre aux courriers. »

 

Idir Hocini

Idir Hocini

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