Le Pacte de Responsabilité esquissé par le Président de la République, doit relancer l’économie du pays en allégeant les charges. Si certains parlent de « cadeau fait au patronat », la première des questions reste les contreparties : embauches, formations… L’observatoire annoncé pourra t-il vraiment taper sur les doigts quand il le faut ?

Décidément, le Président est un homme de confiance. Ce genre de personnes que vous pouvez allez voir quand vous avez des soucis d’argent. Comme ce cousin, qui, fraîchement débarqué, a besoin d’un petit prêt pour trouver un appartement. Et qui reviendra, lorsqu’il aura besoin d’acheter une voiture. Vous, forcément, vous essayez d’aider, après tout c’est la famille. Mais vous l’accompagnez dans ses démarches. Vous choisissez avec lui la voiture, l’appartement. Histoire d’être sûr que votre argent sera utilisée à bon escient.

Le Président est comme vous. Décembre 2012, alors que tous leurs voisins relèvent la tête, les entreprises françaises stagnent. Les chiffres du chômage sont mauvais, les profits plafonnent. Il faut dire que les charges accablantes les empêchent d’investir, de s’étendre et d’embaucher. Il leur faut une petite avance, pour s’en sortir. Un ami, Louis Gallois, connaît quelqu’un. François Hollande, vous verrez, un chic type. En lui parlant emploi, baisse du chômage et ouverture d’usine, il obtient un premier geste de 20 milliards d’euros pour les entreprises. C’est le Crédit d’Impot Compétitivité Emploi (CICE).

Trois mois plus tard, les chiffres du chômage restent mauvais mais les dividendes versées par les entreprises repartent à la hausse, d’environ 5%. François Hollande ne s’inquiète pourtant pas. Le CICE portera à terme ses fruits, et l’Etat récupérera sa mise. Alors que l’année avance, les grands groupes se démarquent en fermant plusieurs usines, détruisant près de 60 000 emplois.

Le Président doute. Son geste n’a pas porté les fruits escomptés. C’est peut être qu’il n’a pas été assez généreux. Il décide un nouveau coup de pouce. Mais il ne se fera pas avoir une seconde fois. Le CICE, il l’avait financé en augmentant la taxe sur la consommation, sans demander de contrepartie. Cette fois ci, les 15 milliards d’euros, correspondant à la suppression des cotisations familiales, devront répondre à des “objectifs chiffrés” en terme d’embauches et de qualité d’emploi. Et le président l’assure, un observatoire des contreparties veillera à ce qu’ils soient respectés.

Sans pouvoir réel, cet observatoire publiera certainement des remontrances, un peu comme les textos que vous envoyez sans espoir à votre cousin pour qu’il vous rende votre argent. Au moins, les entreprises, elles, ne vous la mettent pas à l’envers. Leur porte parole, Pierre Gattaz l’a dit haut et fort : en échange de la baisse du coût du travail, il n’est “pas d’accord pour avoir des engagements juridiques écrits » en terme d’embauche.

Rémi Hattinguais

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