En habitant à Bondy même si on
n’est pas Musulman, on peut très bien connaître le principe du ramadan en
côtoyant ceux qui le pratiquent. En s’y intéressant un peu et en parlant avec
les bonnes personnes, on découvre l’Islam, le vrai. Pas celui qu’on voit à la TV et qui fait peur, mais celui
qui est là pour t’aider, te conseiller, te guider, et qui te soutient quand tu
ne vas pas bien. Mais pour les non Musulmans comme
moi, le jeûne du ramadan semble extrêmement difficile. Tant que le soleil nous
permet de distinguer un fil noir d’un fil blanc, on s’interdit de boire, de
manger, de fumer, d’avoir de relations sexuelles, on s’abstient également
d’insulter, de jurer, de se maquiller, de respirer du parfum, et de regarder
quoi que ce soit d’illégal. Chacun a sa préférence concernant la tâche la plus
difficile, pour certain, c’est de ne pas boire, d’autres de ne pas fumer ou
encore de ne pas pouvoir embrasser sa dulcinée, et pour certaines, c’est de ne
pas se maquiller.

Cette année, pendant la période
du Ramadan, j’ai donc décidé de tester le jeûne afin de voir un peu mes
capacités à lutter contre mes désirs intérieurs..
Et effectivement, c’est dur, très
très dur !

Premier mardi du Ramadan, j’oublie
de me avant le lever du soleil pour manger,
du coup je décide quand même de
respecter mes engagements. Le fait que mes collègues au lycée fassent le
Ramadan m’a beaucoup aidé, une impression de soutien mutuel très agréable est
ressentie. La journée se passe très bien, sauf que le soir, pour cause de
piscine, je décide de manger vers 19h pour ne pas couler. Premier échec. L’heure
de la rupture du jeûne est à 19H35 !

Le lendemain, rebelote, mais
cette fois ci, je suis au centre aéré avec des enfants. J’oublie encore de me
réveiller. Les petits prennent leurs petits déjeuners devant moi, je sens que
je ne pourrai pas tenir auusi longtemps que la veille et là je craque !
Les céréales aux chocolats en
feront les frais.

Samedi matin, une grosse journée
m’attend. Impossible de se réveiller pour manger, c’est le ventre vide que je
vais aider un ami à déménager. 14h, le déménagement est fini, tout le monde
s’est bien dépensé et c’est l’heure de se rassasier ! Pizza, coca, le
doute m’a pris en otage… Qu’est-ce que je fais ? Je me gave ? Je me
fais plaisir ? Je sens bien que le jeûne d’aujourd’hui ne va pas continuer
longtemps jusqu’à ce que quelqu’un me dise : « Vas y, sers toi, te
gênes pas ». Et moi, au quart de tour : « Non merci, je fais le
Ramadan, je ne mange pas aujourd’hui ». Interrogation sur tous les visages,
on me dit d’arrêter mes conneries et de manger, mais je persiste, je décide de
ne pas manger mais à l’intérieur de moi la pizza me fais des grands signes et
la bouteille de coca m’appelle. Mon ami commence alors à me narguer, à mettre
une part de pizza devant moi, à me dire que c’est avec grand plaisir qu’il
mange ma part tellement la pizza est bonne. Et là, je m’épate, moi qui est
capable d’engloutir deux grecs en un repas, je tiens le coup.

16h, ce n’est pas fini, je
rejoins mon ami pour l’aider à faire des travaux. Le travail est dur et
pénible, les autres se font tourner une bouteille d’eau, arrivé à moi, je dis
non merci. Il est 19h30, je propose d’arrêter, et d’aller manger car ils ont
bien avancé. Physiquement ça allait, mais dans la tête, on se dit qu’il faut
absolument manger alors que je suis sûr que le corps peut tenir encore un bon moment. Tout est dans la
tête. Enfin l’heure arrive et je peux manger. J’ai assassiné le grec mayonnaise sans oignon qui se trouvait face à
moi. Après une telle journée, aujourd’hui lundi, même si je ne me suis encore
pas réveillé pour manger, la journée au lycée fut moins pénible. Mais arrivé le
soir à la maison, j’ai dormi les deux dernières pour tuer le temps.
Ces quelques jours m’on montré
que le jeûne est un combat contre soi même, je ne sais pas si on doit être fier
d’avoir résisté à une tentation, mais en tout cas, respect à tout ceux qui font le Ramadan. Cette manière de se faire
violence soi même est pour moi un témoignage magnifique de sa foi.

Aucun rapport, mais petite
explication à ceux qui ne savent pas pourquoi le ramadan n’est pas à la même
date chaque année, c’est parce que le calendrier Islamique est un calendrier
lunaire et une année compte 11 à 12 jours de moins que notre calendrier, et
donc, si j’ai bien compris, chaque année, le ramadan est avancé de 11 à 12
jours par rapport à notre calendrier. Donc dans quelques années le mois du
Ramadan sera situera en plein été, avec la chaleur et des heures de lever et de
coucher du soleil très éloignées.

En attendant, bon Ramadan à
toutes et à tous.

Chou Sin.

Chou Sin

Articles liés

  • Zemmour à Villepinte : l’insulte aux habitants

    Eric Zemmour a tenu son premier meeting de campagne en Seine-Saint-Denis. Un département qui représente tout ce que déteste le polémiste d’extrême-droite. Nous avons choisi de déplacer le micro et de le tendre aux habitants de Villepinte et des alentours qui sont les cibles quotidiennes de ces injures. Reportage.

    Par Hannah Saab
    Le 05/12/2021
  • Frédérique Matonti : « La pensée réactionnaire est le produit d’une panique morale »

    A l’occasion de la sortie de son livre «comment sommes-nous devenus réacs?», la politiste Frédérique Matonti revient sur la progression de l’idéologie réactionnaire, de sa naissance dans les années 1980, à son triomphe actuel sur les chaînes d’information en continu. Entretien.

    Par Yunnes Abzouz
    Le 16/11/2021
  • Quand Laïreche raconte Ruffin

    Ces derniers temps, Rachid Laïreche nous offrait un peu moins de ces fameuses "info Rachid" sur Twitter, des petits indiscrets sur le monde politique qui montrent comment le journaliste de Libération raconte la gauche actuelle comme personne. On a compris ce qui se tramait quand on a appris la sortie de "La revanche des bouseux" (les Arènes), un portrait du député François Ruffin.

    Par Latifa Oulkhouir
    Le 29/10/2021