Ce lundi 15 octobre, le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault était en visite à la mission locale de Bondy (93), afin de promouvoir un dispositif mis en place depuis le 1er octobre, la Garantie jeunes. Cette dernière, expérimentée sur 10 territoires et sur 10 000 jeunes, entend s’étendre d’ici 2016, à 100 000 jeunes par an.

Lundi 15 octobre a officiellement débuté l’expérimentation en Île-de-France de la Garantie jeunes. Jean-Marc Ayrault, Premier ministre, Michel Sapin, ministre du Travail et Valérie Fourneyron, ministre des Sports, de la Jeunesse et de l’Éducation populaire et Claude Bartolone, président de l’Assemblée nationale, se sont rendus à la mission locale de Bondy pour la signature de 10 contrats. Samir, le directeur, les accueille dans le hall en leur offrant un t-shirt estampillé « Mission locale pour l’emploi des jeunes de Bondy ».

À l’étage, se sont réunis les jeunes visés par le dispositif, les membres de l’encadrement et d’autres élus. Les bénéficiaires racontent leurs parcours et leurs attentes, alternant humour, « je veux travailler, quoi ! », et émotion, « J’ai envie de m’en sortir »; mais sans se départir de leur sincérité. De son côté, Jean-Marc Ayrault donne sa vision de la mesure expérimentale : « Je pense qu’il faut insister sur la Garantie jeunes, c’est un contrat, un engagement réciproque. Il y a des gens qui disent qu’on donne encore de l’argent, qu’on tombe dans l’assistanat […] L’esprit de la Garantie jeunes c’est une rencontre entre une volonté politique, les partenaires locaux, les entreprises et les jeunes. »

OLYMPUS DIGITAL CAMERAOLYMPUS DIGITAL CAMERAÀ la question d’Élodie, 22 ans, demandant qui a eu l’idée du dispositif, le premier ministre répond : « C’est le gouvernement, c’est nous ». Seulement, le communiqué de presse présente ce dispositif comme une réponse à la « Garantie pour la jeunesse », une recommandation du Conseil de l’Union européenne datée du 23 avril 2012. Le constat sur lequel s’appuie le gouvernement est simple : les 18-25 ans sont les plus touchés par le chômage et la pauvreté. Les prétendants à la Garantie jeunes doivent donc avoir entre 18 et 25 ans, doivent être sans emploi, sans études, ni formation. À titre exceptionnel, des jeunes peuvent en profiter à partir de 16 ans.

Arthur sera le formateur-accompagnateur du dispositif à Bondy. Il va passer beaucoup de temps avec les jeunes : « 35 heures par semaine dans des conditions similaires à un emploi. Pendant six semaines ce sera intensif sur le développement du potentiel de chacun […] Durant la Garantie jeunes, ils vont avoir une succession d’expériences à travers une multitude de stages en entreprises ». En plus de cet accès à de premières expériences professionnelles, les jeunes bénéficient d’une allocation mensuelle équivalente au RSA, soit 433,75 euros et pourront cumuler cette somme avec des revenus d’activité jusqu’à 300 euros.

José a 18 ans et souhaite devenir journaliste sportif. N’ayant pu poursuivre ses études en filière générale, il a été réorienté vers une filière professionnelle et a fait de la vente. Son souhait : devenir journaliste. Ses attentes par rapport au dispositif : acquérir des compétences par le biais de stages de journalisme. Après la rencontre, il livre son ressenti : « Je suis confiant par rapport à la mission locale et à nous-même. Mais je ne crois pas au gouvernement et à l’aide qu’il prétend pouvoir apporter ». Le versement de l’allocation n’est pas remis en cause : « En fait ça concerne les autres aides. C’est difficile de se loger. Il y a des gens qui travaillent, qui payent des impôts et qui sont dans la merde. Après, peut-être qu’ils vont nous aider mais je reste perplexe ».

Malgré ses doutes, il a conscience d’être un ambassadeur de la Garantie jeunes. Ce titre s’accompagne de responsabilités que Mathias semble prêt à assumer : « On doit montrer que ça va marcher pour que les autre jeunes comme nous puissent avoir notre chance ».

Olufemi Ajayi

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