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Cette journée a produit son lot d’insatisfaits, mais seulement le matin. Car après 4 heures de débats, discours et grattage de menton, le repas a refait naître l’espoir dans le ventre des banlieues. Les estimations vont bon train, chacun y va avec son chiffre. Foie gras, saumon, liqueurs d’aquitaine et autres délices sortis des cuisines de Vatel ont forcément un prix. L’Etat rince, c’est aussi ça l’espoir immédiat et la soif de changement.

Au moment du café, le vice président des centres sociaux du 92 et le délégué fédéral, Philippe et Mohand, appartenant au collectif « Associations en danger », souhaitent tirer la sonnette d’alarme sur le destin des centres sociaux. Seule ombre noire au tableau de cette journée qui était pourtant bien agencée, comme une nature morte qui se veut dynamique.

Pourquoi parler d’associations en danger ?

Mohand : Dans les Hauts de Seine, comme ailleurs de nombreuses associations sont menacées. Depuis les nouvelles orientations politiques de la ville votées en 2007 par le gouvernement, beaucoup d’associations comme les centres sociaux vont perdre beaucoup de financement. Dans le 92, les trois quarts de ces centres sociaux où l’on dispensait des cours de langues aux étrangers par exemple perdront 25% de leurs subventions, au total se sont 200.000 en moins sur le département, alors que ces centres sont reconnus d’utilité publique. Ce sont 1000 personnes qui ne pourront plus bénéficier de ces cours.

Qu’attendre du Plan Espoir Banlieue et pourquoi être venu aujourd’hui ?

Philippe : Une journée comme aujourd’hui j’en attends pas grand-chose, mais cela alimente la connaissance du territoire. Mais cela montre que rein ne pourra être fait sans la consultation des habitants et des populations concernées. Ces associations forment le tissu, Fadela Amara dit vouloir les conserver nous attendrons. Mais une chose mérite d’être soulignée, le travail des bénévoles qui fonctionne tant bien que mal, mais si le travail de ces bénévoles est menacé ils arrêteront rapidement.

Mohand : On ne veut pas de preuves d’amour mais des actes. Elle nous fait croire qu’elle croît en Hortefeux et que la politique a besoin de ces associations. Le problème vient de nouvelle politique d’intégration qui considère qu’au bout de cinq années les cours d’alphabétisation et de langues ne sont plus nécessaires, c’est lourdement se tromper.

Adrien Chauvin

 

 

 

Adrien Chauvin

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