Face à la montée des réactions extrémistes, face aux comportements déplacés et racistes envers les personnalités politiques, une petite dizaine de jeunes ont organisé cette marche « apolitique », dimanche 8 décembre. Pas un raté, mais pas vraiment une réussite non plus.

« La France est belle parce qu’elle est de toutes les couleurs », scandent des jeunes sur le camion animateur du cortège. Emmenée entre autres par des étudiants tels que Benjamin Rosmini, Loreleï Mirot et Gaëtan Achenza, cette « Marche des républicains » voulait montrer que « la majorité silencieuse peut aussi se mobiliser ». Malheureusement, cette marche a peu réuni et a fait peu de bruit. L’appel avait fait boule de neige sur les réseaux sociaux. Ils sont plus de 10 000 à avoir liké la page Facebook mais moins d’un millier à s’être déplacés pour battre le pavé.

Avec pour volonté de dépasser les clivages politiques, la « Marche des républicains » s’est donc logiquement voulue transpolitique. Toute pancarte, tout slogan ou toute étiquette étaient en effet absents du cortège, mais la démarche politique et les partis étaient pourtant bien présents. Dans le cortège, un grand nombre de marcheurs sont encartés. Et une grande partie des mouvements de jeunesse, les jeunes écologistes, le Mouvement des jeunes socialistes (MJS), les jeunes radicaux de gauche, les jeunes démocrates (Modem) de l’Union des démocrates et indépendants (UDI) ainsi que le l’UPJ (Union des jeunes pour le progrès) avaient appelé à soutenir cette marche et occupaient le terrain.

Quelques hommes politiques avec leurs écharpes d’élu ont aussi fait le déplacement. Dans le cortège nous avons croisé Stéphane Gemmari, conseiller municipal de Grenoble et porte-parole du Rassemblement Citoyen. « C’était indispensable que les Républicains puissent marcher ensemble toute tendance confondue, défend-il. On ne peut pas parce que les temps sont durs prendre les symboles de la République comme faire-valoir ».

L’objectif premier de cette marche, prouver que la France n’est pas raciste malgré la multiplication des messages violents de ces derniers temps. « Il ne faut pas laisser le pavé à ceux qui vocifèrent, explique Jonathan, un jeune encarté à l’UDI.  On est là pour montrer qu’il y a des valeurs à respecter qu’on soit dans la majorité ou dans l’opposition ». Car ce qui revient régulièrement, c’est le choc face aux invectives adressées aux hommes politiques dont ont été victimes notamment Christine Taubira et Jean-François Copé. Les huées contre François Hollande le 11 novembre dernier ont été le déclencheur de cette manifestation.

« La cocarde, le drapeau, la Marseillaise, appartiennent à tous »

Rémy, étudiant en politique européenne a été particulièrement alerté par cette dégradation du « climat » politique : « Je suis là pour soutenir la France. En ce moment, elle en a bien besoin, regrette-t-il. J’ai l’impression que les gens ne se supportent plus et cela m’attriste ». L’autre volonté affichée par cette marche, la réappropriation des symboles de la République. « On considère que les symboles utilisés par le FN, la cocarde, le drapeau, la Marseillaise, appartiennent à tous », insiste Robin Gastaldi, militant MJS.

Si l’événement était organisé par des jeunes,  il a su néanmoins rallier au-delà des âges. Annie, enseignante à la retraite n’a pas hésité à descendre dans la rue. Des anecdotes, elle en a un paquet. Elle se souvient d’une fois en maternelle où un élève s’était moqué d’un garçon noir. Elle avait dû alors expliquer que la couleur n’était pas un choix et qu’elle ne faisait pas de différence entre eux. « Apprendre à vivre ensemble, c’était ma priorité à l’école », insiste-t-elle fièrement.

Le cortège a ainsi lentement progressé jusqu’à la place de la République sous les encouragements des organisateurs : « Il faut montrer qu’on est motivé et qu’on fait du bruit pour la République ». Manifestement, une motivation et un sursaut républicain qui n’a pas gagné tout le monde.

Charlotte Cosset

 

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