En tout honnêteté, la principale information que j’avais retenue des émeutes de 2005 en regardant la télé tenait à peu près à ceci : « Tiens, Ali est le directeur de cabinet du maire de Clichy !» Ce conseiller municipal a souvent été interviewé par les grandes chaînes TV durant les mêmes événements qui ont abouti à la création de notre blog. Mais avant d’avoir les honneurs de la République, monsieur Zahi était pour moi un grand de la cité, nous avons en effet tout les deux grandi à la Sablière, la cité SCNF de Bondy Sud. D’ailleurs les vieux réflexes ont immédiatement pris le dessus : à peine me suis-je assis dans son bureau où il a bien voulu m’accueillir pour l’interview, que ses premiers mots furent des questions un peu inquiètes posées sur mon avenir, des nouvelles prises de la famille, des conseils et des recommandations de grand-frère (d’ailleurs j’accuse le mien de lui avoir passé un coup de fils sur le sujet). Bref Ali Zahi comme je l’avais laissé il y a 7 ou 8 ans.

Ali est un enfant du pays, voila 23 ans qu’il vit à Bondy. Lui et sa famille sont venus du Maroc quand il avait 7 ans. Il a eu une scolarité somme toute classique : collège Pierre Curie, lycée technique à Gustave Eiffel (qui a la meilleure cantine de la région) puis BTS électrotechnique. Interrogé sur la façon dont on passe d’une soudure de composant à la politique il répond : «  J’ai voulu continuer jusqu’a Bac +3 pour passer le concours de CPE mais finalement j’ai préféré me tourner vers une autre voie ». Pendant ses études monsieur Zahi travaillait comme animateur dans le centre aéré de son quartier, au fil des ans il en est devenu directeur, d’où ses premiers contacts avec l’équipe municipale. « Ca s’inscrit dans la continuîté, j’ai toujours aimé travailler dans le social, aider les gens, faire changer les choses … J’ai fait des rencontres dans l’administration par le biais de mon travail de directeur, un bon feeling s’est établi avec Gilbert Roger (maire de Bondy), il m’a mis sur sa liste ».

Elu, il participe au conseil municipal de la ville, il intègre par la suite l’équipe de Claude Dillain, maire de Clichy, devient son directeur de cabinet. Son poste de conseiller municipal à Bondy n’étant pas rémunéré, c’est le travail qu’il fait quotidiennement dans la ville, épicentre de ce que fut la flambée des banlieues, qui le fait vivre. « Ces deux casquettes sont pour moi complémentaires, être élu et administratif m’aide dans mes deux fonctions. A Clichy je m’occupe des relations de la mairie avec l’extérieur, les medias et les partis principalement, je suis également responsable des déplacements du maire, je prépare les dossiers, je sais désormais ce que c’est qu’une ville, comment on la gère, et ça m’aide pour mon travail sur Bondy. »

Chantre de la culture Bondynoise, j’ai particulièrement apprécié ses impressions sur notre ville : « On fait partie de ces jeunes qui ont grandi à Bondy, on a pas envie de la quitter. Personnellement j’y suis attaché, c’est un plaisir de participer à sa gestion. J’aimerais rendre à mon quartier ce qu’il nous a donné, même si ce n’est pas énorme ».

L’entretien glisse sur la problématique dite de l’arabe de service : «  On n’avance plus si on s’occupe de certaines allusions. Ceci dit, devant un beur, les gens qui viennent me solliciter ont un sentiment d’espoir, ils y voient une reconnaissance, certains m’appellent même mon fils. J’encourage vivement tout les jeunes à s’intéresser à leur ville et à sa politique, c’est très enrichissant, c’est ce qui nous fera avancer ».

Par la suite beaucoup de choses ont été dites sur Clichy sous Bois, une ville aussi facile d’accès que Walnut Grove (la petite maison dans la prairie) et qui par son esthétisme envoûtant, devrait à mon sens être jumelée avec Bogota ou Kandahar.

Idir Hocini

 A suivre, la suite de l’interview sur les problèmes que connaît la ville de Clichy sous Bois.

Idir Hocini

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