L’AN I DU CALENDRIER HOLLANDE. Inès est allée prendre la température dans son quartier, parmi son entourage. Le quotidien  ne semble pas avoir changé. Pire encore, la déception a pris place à l’espoir parmi ces Séquano-Dyonisiens, qui avaient majoritairement plébiscité Hollande.

Il y a un an, nous étions tous au local du Bondy Blog devant notre petit écran télé. L’attente interminable prend fin. Le nom sortant ? Hollande. Nous voilà parti pour cinq ans de gauche qui prône un slogan devenu célèbre : « Le changement c’est maintenant ! ». Mais voilà, après analyse de mon entourage, le verdict tombe : « Le changement c’est maintenant ? Tu parles ! Je n’ai rien vu de nouveau au contraire, on se fait avoir de plus en plus ! ».

Beaucoup pensaient pouvoir changer leur quotidien en mettant la droite sur la touche. Dans mon quartier et ceux autour, on arborait fièrement le bulletin Sarkozy en sortant du bureau de vote, preuve qu’on avait voté pour François Hollande. Mais aujourd’hui, ces mêmes Français regrettent leurs choix. Mes voisins, mes amis, ma propre famille, ils sont de plus en plus nombreux chaque jour à se rendre compte qu’aucune promesse n’a été tenue.

Si bien que lorsque je leur demande de me décrire la première année du gouvernement Hollande en un ou deux mots, voici la liste, non exhaustive, que j’ai pu rassembler : « A chier, dégradante, une arnaque, molle, comme avant, coûteuse, pas mieux ou encore nulle ». Je n’ai malheureusement pas réussi à obtenir un superlatif ou quelque chose de positif malgré les tentatives.

Une femme d’une quarantaine d’années que je fréquente au sport m’a confié, « pour être honnête, je ne me suis jamais intéressée à la politique avant le passage de la gauche au pouvoir après tant d’années. Pour moi, cela sonnait comme un renouveau. J’attendais énormément de Mr Hollande, car la droite ne m’a jamais satisfaite auparavant et son programme à lui semblait enfin me correspondre. Résultat après un an, j’ai toujours la même chose dans mon assiette à midi, mon loyer a augmenté, mon salaire a légèrement baissé… sincèrement, je pense que jamais nous n’aurons un président qui nous satisfait… Après tout chacun y trouve son compte quelque part. Moi, je cherche encore… ».

Mes parents qui sont commerçants ont vu les charges augmenter et leurs contraventions tripler. La moindre infraction, si minime soit-elle est sanctionnée. De l’arrêt de cinq minutes en warning en bas de chez nous le temps de vider les courses du coffre ou encore un excès de vitesse signalé à 73km/h pour une limitation à 70km/h. « Tout est minutieusement étudié pour nous gratter un maximum… », me confie ma mère.

Et du côté des hôpitaux, le son cloche est singlant. En allant à l’hôpital Jean Verdier de Bondy pour une énorme inflammation des amygdales et une insuffisance respiratoire, j’ai eu le droit à un infirmier de garde remonté : « Mademoiselle, je suis désolé, mais nous ne pouvons rien faire pour vous à part vous donner du Dafalgan. Vous voyez, tous nos spécialistes ont fuit, je n’ai aucun ORL vers qui vous orienter ici. Beaucoup quittent les hôpitaux publics. Le travail y est épuisant, ici tous les Roms des alentours viennent parfois pour un rhume et ils sont violents et agressent parfois notre personnel. Certains professionnels de la santé ont même migré vers l’étranger ! On pensait avoir un peu plus de sécurité avec le nouveau gouvernement, mais non, il y a de plus en plus de monde qui pénètre sur le sol français et ces gens ne respectent rien. Même l’aide qu’on leur accorde… Je crois que moi aussi, je vais voir ce qu’il se passe de l’autre côté de la frontière… ».

La politique c’est aussi est surtout, la perception du changement dans la vie de tous les jours, et pour un président qui l’avait promis le changement se fait attendre. Le pouvoir d’achat a encore chuté, le chômage augmenté, la sécurité baissée et le gouvernement ne cesse de se défendre avec le fait qu’un an c’est encore peu. Les Français,  insistait la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, « comprennent bien que les réformes que nous adoptons, il faut un petit peu de temps pour qu’elles fassent sentir leur effet ». En gros, un an, ce n’est que l’apéritif du quinquennat. Attendons le plat de résistance et peut-être que dans quatre ans, nous savourerons ce dessert qui est l’aboutissement de toutes ces promesses alléchantes faites pendant la campagne…

Inès El Laboudy

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