Un meeting porte de Versailles, devant une salle pleine de jeunes. Jeunes militants UMP.  Ils étaient 10 000 selon le parti de la majorité. 5 000 selon Le Figaro. Nicolas Sarkozy  a tenté de reprendre du terrain à ses adversaires sur le thème de la jeunesse. Selon un sondage IFOP réalisé fin février, Nicolas Sarkozy n’arriverait qu’en troisième position, avec 21 % des intentions de vote, chez les 18-22 ans, devancé par François Hollande (31%) et même Marine Le Pen (23%).

Mais si les jeunes sont censés représenter l’avenir, le discours du président semblait étrangement tourné vers le passé, rendant hommage « aux jeunes Français qui, en juin 1940, se sont retrouvés à Londres car ils ne supportaient pas de voir la France vaincue. » Des références à la Seconde guerre mondiale sans doute destinées à éluder les difficultés actuelles. Pas une fois, le mot chômage ne sera prononcé. Il faut dire que le taux d’emploi des 16-25 ans  est l’un des plus faibles d’Europe. Le taux de chômage des jeunes actifs âgés de moins de 25 ans s’élève en France à plus de 20 %, soit près de 550 000 jeunes demandeurs d’emploi. 75 000 jeunes ne sont titulaires d’aucun diplôme. Plus d’un jeune sur cinq vit en dessous du seuil de pauvreté.

Des chiffres inquiétants passés sous silence par le président sortant qui a préféré fustiger « la politique d’assistanat » de la gauche : « Je veux l’autonomie pour la jeunesse, la responsabilité pour la jeunesse, je dis non à un RMI jeune, non à un RSA jeune ». C’est pourtant lui, qui en  2009, avait tenté de  créer un Revenu de solidarité active destiné aux jeunes de moins 25 ans.

Une contradiction balayée par quelques envolées lyriques. « Je vous en supplie, faites quelque chose de votre vie (…), quelque chose qui vous justifie (…) parce que ce serait trop bête à la fin que tant soient morts et que vous viviez sans rien faire de votre vie », a-t-il lancé pour encourager la jeunesse à se prendre en main.

Nicolas Sarkozy n’avait, en revanche, peu de propositions concrète à formuler. Le président sortant a tout au plus annoncé la création d’une nouvelle banque destinée aux jeunes : « Vous voulez créer, vous voulez vous former, vous voulez entreprendre, nous allons créer une banque de la jeunesse qui se portera caution pour tous ceux qui n’ont pas la chance d’avoir une famille qui peut les aider. »

S’agira-t-il d’une banque publique ou d’une banque privée ?  Le président est resté flou. Peut-être, Nicolas Sarkozy profitera-t-il de notre invitation à Bondy pour préciser sa proposition et faire de nouvelles annonces. A moins qu’il ne préfère définitivement les Jeunes populaires aux jeunes des quartiers populaires…

Alexandre Devecchio

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