Garges-lès-Gonesse reste à droite. Le maire sortant Maurice Lefèvre (UMP) conserve son siège de premier magistrat, tout heureux d’avoir pu profiter de la division de ses opposants. Lui-même a fait face à une liste UMP dissidente au premier tour, mais qui s’est désistée au second en sa faveur. La droite était donc unie pour la bataille finale. La gauche, elle, a fait tout faux. Elle s’est présentée divisée au second tour avec une liste socialiste emmené par Hussein Mokhtari (photo) et une liste communiste dirigée par le fougueux Francis Parny. Hier, Mokhtari a réalisé 39%, Parny, 16%. Alors que la victoire était théoriquement à portée de main…

Selon nos informations, il semblerait que Parny (17% au 1er tour) exigeait 17 élus au sein du futur conseil municipal, requête à laquelle Mokhtary (28%) n’a pas voulu donner suite. Le candidat socialiste était tout de même d’accord d’attribuer un certain nombre de sièges aux communistes, mais cela devait correspondre, selon lui, strictement à l’expression du vote des citoyens de la commune.

Devant ce refus, le candidat communiste a décidé de ne pas se désister, appliquant ainsi la politique de la terre brulée. En se présentant, il a fait réélire le maire UMP sortant. Les socialistes ont péché par excès de confiance, persuadés qu’ils étaient que les sympathisants communistes voteraient utiles au deuxième tour.

Le constat est terrible pour la gauche en général et pour les communistes en particulier. La droite est reconduite malgré une donne politique défavorable, et les partisans du « marteau et de l’enclume » n’auront que trois sièges dans le futur conseil municipal, alors qu’ils en réclamaient 17 aux socialistes.

La rue Solferino et la place du Colonel Fabien peuvent bien se targuer de faire l’union de la gauche en France et en Navarre, les barons locaux n’en font qu’à leur guise. Ils n’hésitent pas à faire échouer leur propre camp, n’écoutant que leurs aspirations personnelles. Le slogan « l’union fait la force », ils ne connaissent pas.

Ajoutons une pièce au dossier : un tract anonyme intitulé « Ne votez pas pour un Arabe, ne votez pas pour Mokhtari », a été distribué dans toutes les boites aux lettres de Garges-lès-Gonesse ce samedi. Il visait directement le candidat socialiste. Ce dernier à décidé de faire un recours, afin d’invalider l’élection. La politique comme on l’aime : magouilles et règlement de comptes.

Chaker Nouri

Chaker Nouri

Articles liés

  • Au NPA : « on n’est pas idéalistes, on est révolutionnaires »

    Pour son premier meeting de campagne présidentielle, Philippe Poutou, le candidat du Nouveau Parti Anticapitaliste, avait donné rendez-vous à ses soutiens dans le 20ème arrondissement de Paris, jeudi 21 octobre 2021. Enflammés par des slogans de manifestation, les jeunes militants du parti prônent l'utilité des "petites luttes" du quotidien, plutôt que le vote utile, déjà dans toutes les têtes.

    Par Meline Escrihuela
    Le 22/10/2021
  • A la recherche des 500 signatures pour Anasse Kazib

    La course à la présidentielle passe nécessairement par l'étape des 500 signatures de parrainage d'élus pour pouvoir concourir au premier tour. Si pour certains candidats, ce n'est pas une question, pour d'autres comme Anasse Kazib, c'est déjà un premier combat à mener. Anissa Rami a suivi ses militants sur le terrain pour comprendre cette autre lutte d'influence. Reportage.

    Par Anissa Rami
    Le 06/10/2021
  • Zemmour : qu’importe le racisme pourvu qu’on ait l’audience

    Une nouvelle étape a été franchie dans la légitimation des propos racistes d'Eric Zemmour. Elle est venue d'un candidat de gauche, et d'une chaine d'information en continu, lors du face à face entre Zemmour et Melenchon sur BFM, jeudi 23 septembre dernier. Personne n'attendait de débat sur des propositions de fond concernant la précarité, la santé, ou encore la justice. Il n'a pas eu lieu. À la place, l'insulte, l'humiliation et la xénophobie devenus programme validé dans la course à la présidentielle. Édito.

    Par Jalal Kahlioui
    Le 24/09/2021