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Avant tout : il convient d’entonner en son honneur, un généreux « Happy birthday ». Puisque cela fait 20 ans, jour pour jour, qu’a été adoptée la Déclaration internationale des droits de l’enfant. Ce texte juridique protège « tout être humain âgé de moins de dix-huit ans (…) », au nom de son « intérêt supérieur ». En 20 ans, les droits de l’enfant ont connu de réels progrès, mais l’on ne peut s’empêcher, avec l’Unicef, de pointer de nombreuses zones d’ombre. Que l’on songe ici à la malnutrition infantile, au mariage forcé de certains enfants, à la mutilation génitale de près de 70 millions de jeunes filles africaines…

Attention ! Que l’on ne s’y trompe pas, il n’y a pas que dans les pays les plus pauvres que les droits de l’enfant sont bafoués. La vigilance est également de mise dans les pays industrialisés. Les Etats-Unis ne sont-il pas le seul pays, avec la Somalie, à ne pas avoir ratifié le texte parce que l’Amérique applique encore la prison à vie aux mineurs ? Et que dire de la France, qui ne cesse de durcir sa politique pénale en direction de enfants et qui ne protège guère les enfants étrangers présents sur son sol ?

Mais rassurons-nous, pour redorer le blason de la France en matière de droits de l’enfant, une mesure exemplaire vient d’être trouvée : In-ter-dis-ons la fessée ! Je dirais même plus, si l’on veut vraiment protéger la sensibilité de nos chères têtes blondes : – interdisons la chanson de Pierre Perret que l’on a tous appris dans les cours de récré : « Vaisselle cassée, c’est la fessée ; vaisselle foutue, pan-pan c.., c.. » ; – interdisons aussi la lecture, du livre de Jules Valès intitulé « L’enfant », où l’auteur écrit : « Ma mère dit qu’il ne faut pas gâter les enfants et me fouette tous les matins. Quand elle n’a pas le temps le matin, c’est pour midi et rarement plus tard que quatre heures. »

Qui nous dit que cet enfant n’avait pas brimé ses camarades ? Qui nous dit qu’il n’avait pas violé, consciemment, les règles du jeu en jouant avec eux au football ? Ici, par un coup de boule porté à un jeune Italien, ou bien là, en marquant un but de la main ? Et comme le dit le proverbe populaire : « Jeux de mains, jeux de vilain ! » Evidemment, « toute ressemblance avec des situations réelles ou avec des personnes existantes ou ayant existés ne saurait que fortuite ».

Plus sérieusement, le droit français protège l’enfant. Dans le Code civil, en particulier, où l’article 371-1 dispose que « l’autorité parentale est un ensemble de droits et de devoirs ayant pour finalité l’intérêt de l’enfant ». Dans le Code pénal, c’est une circonstance aggravante que d’exercer des coups et blessures volontaires sur un mineur de moins de 15 ans, d’autant plus, si ces violences volontaires sont le fait d’ascendants. C’est notamment, par souci de protection des enfants victimes d’abus sexuels que les auteurs du projet de loi « tendant à amoindrir le risque de la récidive », proposent d’encourager ces délinquants à recourir à la castration chimique. Un tel projet ne ferait-il pas d’une pierre deux coups ? Ne permettrait-il pas de favoriser la réinsertion professionnelle des criminels : ici comme chanteur, à la façon des castrats italiens comme le célèbre Farinelli ; là comme eunuque pour être gardien de harem ?

Et d’ailleurs, ne doit-on pas entendre les médecins qui nous alertent sur les effets secondaires d’un traitement hormonal inhibiteur : risque de psychose, de diabète sévère, de maladie cardiovasculaire, de maladie hépatique… ? La Garde des sceaux a certainement entendu ces médecins, lorsqu’elle évoque l’intérêt de débattre, devant le Parlement, de la castration, non plus chimique, mais cette fois, physique. Il est vrai qu’il est bien plus facile de couper une paire de c… que de donner les moyens aux médecins psychiatres de suivre et de traiter les criminels malades.

Gageons que la Garde des sceaux saura raison garder et se rappeler de son premier métier. Lorsqu’elle enfilait la toge de maître de conférences en droit, n’a-t-elle pas enseigné à ses étudiants que le degré d’humanité d’une société se mesure à l’aune de sa capacité à traiter avec dignité ses éléments déviants ?

On finira comme on avait commencé en parlant cinéma. Plus exactement, du couple « cinéma et grippe A ». Un couple qui pourrait bien ne pas faire bon ménage, en cas de pandémie à l’origine de fermeture de salles et d’arrêt de tournages. Le salut pourrait bien venir des assureurs. C’est que la réalisation d’un événement, pourvu qu’elle soit teintée d’aléa, est toujours assurable. Que l’on se rappelle ici, par exemple, que les matchs de l’équipe de France pendant la coupe du monde victorieuse de 1998 ont été couverts financièrement par les compagnies d’assurance.

Pour le cinéma, certaines compagnies, comme la Lloyd’s, ont accepté de couvrir les risques liés à la grippe A. Evidemment, cela entraîne un surcout des primes d’assurance, qui passent alors d’environ 1% à 5% du budget d’un film. L’histoire ne dit pas s’il pèse sur les acteurs et réalisateurs une obligation de vaccination.

Pour se quitter avec des mots d’enfants, rappelons-nous le titre d’un album du Titeuf : « Tchô, monde cruel ! »

Laurent Bonnefoy
Juriste, enseignant dans une faculté de droit de la banlieue parisienne.

Laurent Bonnefoy

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