Le ministre délégué à la Ville, François Lamy, présentait jeudi dernier une série de mesures à la suite du rapport qui lui a été remis sur la participation des habitants des quartiers populaires en juillet dernier par Mohamed Mechmache et Marie Hélène Bacqué. Zoom.

Le principe de la participation des habitants, importé des Etats-Unis où il est mieux connu sous le nom d’empowerment, consiste à renforcer la cohésion sociale dans les quartiers en donnant du pouvoir à leurs habitants, en leur permettant de se structurer. Souvent décrié comme faisant le jeu des communautarismes, il a cependant été choisi par le ministre qui compte ainsi recréer du lien social et tenir à distance abstentionnisme et extrémismes.  En réintégrant les habitants à la République, le pari est de leur donner les moyens de décider du devenir de ces quartiers.

Cela passera tout d’abord par la mise en place d’une participation citoyenne en amont aux décisions publiques. En clair, il n’y aura plus de concertation organisée à propos de plans réalisés par des fonctionnaires imperméables aux attentes de la société civile.
Ainsi l’article 1 de la loi érige en principe la « dynamique participative » alors que l’article 5 prévoit clairement la participation d’habitants et de représentants d’associations à l’élaboration de contrats de ville. Ces derniers sont les textes qui encadrent et définissent tout projet ayant trait à l’habitat, l’environnement, l’éducation, les transports, la sécurité, la culture, les équipements sportifs ou les services sociaux.

La participation se fera au sein de conseils de citoyens, véritable innovation du texte. Ils seront dotés d’un budget dédié, de dispositifs de formation afin de permettre à tous, employés, boulangers ou maçons de comprendre les enjeux techniques des dossiers.

Ils seront associés en amont à l’élaboration des projets de rénovation urbaine, au sein d’un nouveau programme rebaptisé Programme National de Renouvellement Urbain. De Rénovation à renouvellement, le ministre cherche à répondre à une demande des habitants et des associations de replacer le social et non uniquement le bâti  au cœur de la politique urbaine.

le développement de la participation passera notamment par un meilleur dialogue entre les parents et l’éducation nationale, un projet en cours d’élaboration.  Une autre mesure devrait faire plaisir aux centaines d’éducateurs, qui souvent, sont les premiers acteurs de la cohésion sociale de nos quartiers. Le ministre compte généraliser la formation au « community organizing », un autre concept de l’empowerment, cherchant à faire émerger des points de repères, véritables citoyens mobilisés.

Rémi Hattinguais

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