Et un, et deux, et trois reports ! Le Conseil interministériel de la ville (CIV), le « machin » censé donner vie au plan Espoir banlieues de Fadela Amara, devait se tenir aujourd’hui après plusieurs rendez-vous manqués. C’est encore raté. Pour la secrétaire d’Etat à la politique de la ville, la situation est critique. Le CIV doit en principe réunir deux fois par an l’ensemble des ministres, sous la présidence du premier d’entre eux, François Fillon. Pour quoi faire ? Pour décider de programmes de développement de quartiers dits prioritaires et pour dégager les crédits nécessaires.

La raison de ce troisième report ? No comment à l’Elysée, qui nous envoie balader du côté de Matignon, où l’on invoque des « agendas chargés ». Un argument déjà utilisé lors du premier report du CIV, il y a quelques semaines. C’en est déconcertant. Tous les ministres avaient pourtant, semble-t-il, donné leur accord pour le 16 juin, à Meaux, la ville dont le chef du groupe UMP à l’Assemblée nationale, Jean-François Coppé, est le maire. Ils devaient se retrouver en compagnie de la grande prêtresse des quartiers, Fadela Amara. Mais cette dernière prêche de plus en plus dans le désert gouvernemental.

Ce n’est que quarante huit-heures avant l’ouverture prévue de ce conseil interministériel que tout a été annulé. « Le premier ministre ne sera pas libre », a indiqué Matignon. « Le premier ministre s’en fiche, et puis, il n’a pas de sous », serait sans doute plus proche de la vérité. Le gouvernement donne l’impression de ne pas se préoccuper des quartiers en difficultés et de leur réhabilitation, l’une des promesses de Sarkozy en campagne. Signe de ce désintérêt, le président de la République – mais les journalistes ne l’ont pas interrogé sur le sujet non plus –n’a pas dit un mot sur les banlieues lors de sa dernière grande interview en direct de l’Elysée. Le secrétariat à la politique de la ville est-il condamné à n’être plus qu’une fiction ?

Peut-être pas. Vendredi dernier, Fadela Amara était l’invitée de Nicolas Sarkozy à l’Elysée. Le CIV, malgré ce dernier report, serait bel et bien dans les tuyaux. Il pourrait se tenir fin juin. Dimanche, il y a eu réunion pour convenir d’une date. Fadela Amara, qui se définit elle-même comme une « chieuse », ferait-elle fuir tout le monde ?

Mehdi Meklat et Badroudine Said Abdallah

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