MUNICIPALES 2014. A Nanterre, la candidature PS de Zacharia Ben Amar, l’actuel maire adjoint à l’éducation, aux prochaines municipales représente une surprise et un tournant dans l’histoire politique de Nanterre. Rencontre.

Le Parti socialiste n’avait pas présenté de candidat sous l’étiquette du parti depuis bien longtemps, la ville étant détenue par les communistes depuis 1935. Si l’actuel maire, Patrick Jarry, candidat à sa propre succession a quitté le Parti communiste, il était, en 2008, à la tête d’une liste rassemblant communistes, socialistes, écologistes ainsi que partisans de la Gauche républicaine.

Aujourd’hui, le rassemblement des forces de gauche n’est plus d’actualité, parce que pour Zacharia Ben Amar, il ne doit pas se faire « à n’importe quel prix ». Il ne peut se faire en raison de ses « divergences sur certains points » avec le maire actuel. Ces divergences étaient également partagées par de nombreux militants socialistes qui, au terme d’un processus démocratique, l’ont désigné tête de liste pour ces municipales en octobre dernier avec près de 80% des suffrages. Un véritable plébiscite pour ce candidat qui se désigne comme n’étant pas un « homme d’appareil ».

Né à Nanterre, y ayant suivi ses études, Zacharia Ben Amar est connu de bon nombre de Nanterriens grâce à l’association « Authenti-Cite » qu’il a créée avec des amis à l’âge de 18 ans. C’est l’engagement associatif qui va le mener à la vie politique avec en 2001, un mandat de conseiller municipal suivi plus tard d’un mandat de maire-adjoint. Conscient du potentiel de sa ville mais également des difficultés c’est avec conviction qu’il estime que « le Parti socialiste doit prendre ses responsabilités ». Ces responsabilités, Zacharia Ben Amar les décline autour de quatre axes : emploi, sécurité, éducation, logement. Ainsi, il déplore l’absence d’offres de formation, le manque d’entreprises implantées sur le territoire de la commune. Il souhaite mettre en place les rythmes scolaires afin d’être en mesure « d’accompagner les élèves après les cours ». Et lorsqu’est évoqué l’argumentaire de sa rivale de l’UMP, Camille Bedin, autour de l’échec scolaire des jeunes Nanterriens, Zacharia Ben Amar s’emporte. « Cette situation est le résultat de dix ans de politique de droite, Nanterre fut très touchée par les suppressions de postes, il ne s’agit pas de se renvoyer la balle, mais l’éducation est nationale et la responsabilité ici, est celle de l’Etat ».

Aucun doute sur le fait que la campagne est bel et bien lancée à Nanterre, mais, fort de son expérience associative et de son parcours politique durant lequel, dit-il, il a su « être patient, faire le dos rond » cela ne semble pas l’effrayer. Pour autant, la campagne n’est pas facile à mener eu égard au taux de popularité faible du Président de la République, « c’est une période compliquée, mais le Parti socialiste a un projet pour cette ville, et ce projet, il l’inscrit dans le long terme ».

Au-delà du fait qu’il est le premier candidat du Parti socialiste à Nanterre depuis de nombreuses années, il est également un des rares candidats issus de la diversité tête de liste socialiste dans une ville aussi importante que Nanterre pour ces municipales. Cela, il le reconnait volontiers mais s’il est là, c’est parce qu’il se sent légitime en tant que Nanterrien mais surtout en tant que candidat désigné démocratiquement, loin des parachutages que ces échéances électorales rendent propices.

Lui se considère loin de tout ça et sa candidature, il la justifie simplement « moi j’aime ma ville et j’ai envie de la faire progresser ».

Latifa Oulkhouir

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