A 8h30, on distribue à l’entrée du lycée des prospectus contre la lecture de la lettre de Guy Môquet. Sur le prospectus, il y a écrit que cinquante professeurs du lycée ont signé une pétition contre la lecture de cette lettre dans les classes. A 12 heures, à la sortie des cours, on nous distribue cette fois une édition spéciale de L’Humanité sur le jeune militant communiste tué le 22 octobre 1941. Après la pause déjeuner, on aperçoit devant le lycée la voiture d’un sénateur qui est censé assister à la lecture de la lettre de Guy Moquet avec les élèves dont les professeurs sont pour cette lecture. Nous n’en faisons pas partie. Durant le cours d’histoire-géographie, notre professeur nous explique durant les dix premières minutes les raisons pour lesquelles elle ne souhaite pas lire cette lettre.

Premièrement, dit notre professeur, une femme, Guy Môquet n’était pas un résistant mais un communiste qui a en fait été arrêté pour propagande communiste, interdite dès 1939 en France et ensuite pendant la Seconde Guerre mondiale. Deuxièmement, Nicolas Sarkozy n’a pas à intervenir dans le programme de l’éducation nationale; le président a été ému par cette lettre mais il n’y a aucune symbolique de résistance ni de contexte historique. Enfin, selon elle, un terme de la lettre a été changé: « camarade » est devenu « compagnon » car le terme « camarade » est jugé comme un terme communiste. Notre professeur considère ce changement comme une manipulation.

Nous poursuivons notre enquête en interviewant les principaux concernés: les lycéens. Nous faisons donc lire cette lettre à quelques élèves. Tous nos camarades ont été émus et touchés mais ils considèrent que c’est une lettre universelle que chacun aurait pu écrire pour sa famille et qu’elle ne contient aucun intérêt historique. Une des élèves nous dit que : « Guy Môquet était le fils d’un dirigeant communiste et que parce qu’il était très jeune alors on s’identifie à lui. »

Zahra et Christelle

Zahra et Christelle

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