Après avoir tenter de reprendre la main à la Rochelle, Martine Aubry, escortée de tous les élus PS de Seine-Saint-Denis, a fait, hier, un bref passage à Bondy. Elle a profité de la rentrée scolaire pour venir rencontrer le corps enseignant et les parents d’élève. But de cette visite : comprendre les problèmes que rencontrent les professionnels du monde de l’éducation. Ces derniers se sont à tour de rôle passer le micro afin d’exposer à la première secrétaire du PS les conditions dans lesquelles ils travaillent.

Une psychologue estime « que depuis dix ans, la situation dans le milieu éducatif s’est considérablement dégradée ». Un parent d’élève constate « qu’il manque dans le département, une centaine d’AVS (les auxiliaires de vie scolaire sont chargés d’accompagner les élèves handicapés), car le métier n’est pas valorisé et que le personnel est mal payé ».

Le principal du collège Jean Zay de Bondy soulève le problème de la mixité sociale et regrette qu’il y ait des ghettos « comme ceux de Neuilly-sur-Seine car à Bondy, 80% des élèves sont issus d’une CSP (catégorie socioprofessionnelle) défavorisée ; et la suppression de la carte scolaire n’a rien arrangé ». Et de conclure : « Il ne sert à rien d’inciter les profs à venir travailler dans le 93 en leur proposant de l’argent, il faut leur donner les moyens de travailler. »

« Les réformes dans l’éducation nationale, ajoute-t-il, n’ont qu’un seul objectif : faire des économies. Depuis 2002, près de 50 000 postes ont été supprimés alors qu’on n’arrête pas de dire partout que la France bat des records de natalité. » Une assistance d’éducation (anciennement appelé pion) regrette la précarité de son statut : « Les contrats sont renouvelés tous les ans, on ne bénéficie d’aucune formation. On est souvent amené à faire des tâches qui ne sont pas les nôtres pour pallier le manque de personnel.» Nicolas Sarkozy et les réformes qu’il a impulsées dans le cadre scolaires ne sont pas appréciés par les représentants du corps éducatif rencontré hier par Martine Aubry.

C’est peut-être ce qu’est venue chercher Martine Aubry, le mécontentement des enseignants et des auxiliaires de l’éducation nationales, qui a bien pris note de leurs attentes exprimées : « Il est nécessaire de rendre à l’enseignement sa mission première, celle d’un service public (…) L’enseignement est le corps central de notre république, a clamé la première secrétaire du Parti socialiste déjà, aurait-on dit, en campagne présidentielle. Il faut réfléchir à tous ces problèmes soulevés. »

Un enseignant s’est dit satisfait de la prestation de Martine Aubry : « Elle a compris que l’éducation est un service public ce qui a été totalement oublié jusqu’a présent par la droite. L’opposition doit démontrer qu’elle joue son rôle d’opposition et qu’elle est auprès des enseignants. Car celui qui a causé le plus de tord à l’éducation, c’est un ministre de gauche : Claude Allègre. »

Latifa Zahi

Latifa Zahi

Articles liés

  • Le problème Roussel des élus des quartiers populaires

    Dans l’ancienne banlieue rouge, les élus locaux du PCF sont légion à serrer les dents face aux sorties réactionnaires de leur secrétaire national. L’omniprésence médiatique de Fabien Roussel et son éloignement manifeste des fondamentaux du parti commencent à être ouvertement critiqués. (Un article d'abord publié chez Mediapart, dans le cadre de notre partenariat).

    Par Héléna Berkaoui, Olorin Maquindus
    Le 04/10/2022
  • Gérald Darmanin à Mayotte : face à la détresse sociale, la répression comme seule réponse

    Lors d’une visite à Mayotte, Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur et des Outre-mer, a annoncé la couleur du quinquennat à venir. Restriction du droit du sol, enfermement d’enfants encadrés par des militaires et armement de la police comme seules réponses face à la montée de la violence dans le département le plus pauvre de France. Joao Gabriel, doctorant en histoire, et Bastua Soimadoune, militante mahoraise, analysent, pour le Bondy Blog, ces annonces.

    Par Anissa Rami
    Le 05/09/2022
  • Alter-votants : remettre le droit de vote des étrangers au cœur du débat public

    #BestofBB En France, les droits des étrangers s’arrêtent à la porte des bureaux de vote. Pour lutter contre ce péril démocratique, la plateforme Alter-votants a vu le jour en 2016, pour mettre en relation des votant·e·s français·e·s avec des personnes étrangères. L'idée : faire entendre la voix de tous les résident·e·s en France et remettre au cœur du débat le droit de vote des étrangers, promis depuis bientôt 50 ans sans jamais être acté.

    Par Margaux Dzuilka, Emilie Duhamel
    Le 01/09/2022