Ségolène Royal est venue les mains vides au parlement des banlieues de Villeurbanne. C’est un manque de savoir vivre certain compte tenu de l’accueil que ses hôtes de l’association Agir Pour la Citoyenneté lui avaient réservés pour la neuvième édition de cette agora des quartiers populaires.Une salle toute acquise. Plus de 2000 personnes dans cette région symbole, berceau de « la marche des beurs ». De quoi faire carton plein. En novembre dernier, la candidate socialiste s’était engagée, lors du pacte de Bondy, à revenir après une phase d’écoute pour faire des propositions concrètes.

Karim Zéribi, président du parlement des banlieues avait chauffée la salle à blanc dans un discours survolté, signifiant à la candidate qu’il avait le cœur à gauche et qu’il comptait sur son camp pour enfin porter un vrai projet politique en direction des quartiers populaires. Il a conclu son intervention en lançant à Ségolène Royal « j’ai un mot à transmettre, ne nous décevez pas ! ». Avec une telle entrée en matière et une salle debout pour accueillir la candidate, on s’attendait à ce qu’elle sorte quelques propositions fortes, à ce qu’elle se distingue de ses adversaires mais il faut se rendre à l’évidence, Ségolène Royal a déçu. Visiblement fatiguée, elle est partie dans un long discours passe partout avec lequel elle a eu du mal à convaincre son auditoire.

Nicolas Sarkozy interdit de séjour dans certains quartiers donnerait sa chemise pour une salle comme celle là. Plus de 2000 personnes en plein milieu d’un quartier populaire, il doit en rêver la nuit. A moins d’un mois de la présidentielle, Ségolène Royal a eu cette opportunité mais elle n’en a rien fait. Visiblement, Le parti socialiste n’a toujours pas compris qu’il ne suffisait plus de se baisser pour ramasser les voix des banlieues. Il n’a pas saisi que les habitants des quartiers populaires attendaient un peu plus que de la compassion et des bons sentiments, mais voulaient du concret.

En novembre dernier, Idir, un de nos Blogueurs avait interpellé Ségolène Royal pour lui demander pourquoi le PS était tellement en retard sur les questions de la diversité et pourquoi c’était l’UMP qui avait nommé des ministres issus de l’immigration. La candidate ne lui avait pas répondu. La politique se fait aussi avec des symboles et il faut croire que la gauche peine à le comprendre.

Mohamed Hamidi
 

Mohamed Hamidi

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