En plein cœur de la primaire, beaucoup ont les yeux rivés sur le Parti socialiste. Aubry, Valls, Royal, Hollande…qui sera le candidat porteur du flambeau rose ? Qui sera le numéro 10 de la team ? Qui va partir à la conquête du château élyséen ? Après le premier débat, difficile encore de voir un vainqueur. Seule certitude, du côté de Jean-François Copé, malgré le record d’audience sur la chaine publique diffusant le débat -rappelons qu’il a porté le projet de réforme de la télévision publique-, ces primaires puent la défaite. La faute à « beaucoup trop de temps de parole », avec à l’arrivée  « aucune proposition sérieuse ». Au-delà de ces balayettes médiatiques, le PS a beaucoup à apprendre de ce quinquennat sarkozyste pour ne pas commettre les mêmes erreurs. Notamment concernant la place à donner aux Arabes et aux Noirs…oups pardon ! Concernant la place à donner à la « diversité » dans le paysage politique de l’hexagone.

Depuis une dizaine d’années, parler de « valeurs de droite », « valeurs de gauche » n’a plus vraiment de sens. Non pas grâce à Sarkozy, mais plutôt à Jospin, qui avait déclaré en 2002, « mon programme n’est pas socialiste ! » Dans les quartiers populaires, même si on est demandeur de projet social et solidaire, la fibre libérale n’est jamais très loin. Bah quoi !? Eux aussi veulent du biffe ! Le temps où il suffisait de plaindre ces pauvres gens en leur caressant le dos avant de leur mettre une quenelle une fois élu est révolu. Le clivage gauche/droite n’est plus. Non pas depuis la nomination de « gens de gauche » dans le gouvernement Fillon, mais parce qu’après 30 ans de politique de la ville stérile, on considère souvent que la gauche et la droite « c’est la même chose. » Rencontre avec Amine et Sergio, des habitants de la banlieue sud des Ulis (91) âgés de 24 ans.

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Lors des élections cantonales en 2010, en longeant les panneaux, certaines affiches de campagne ont posé problème. Un malaise naissait en observant les candidats posant à côté de leur suppléant tantôt colorés, tantôt porteur d’un nom exotique. Une marque « label qualité » malsaine. Comme s’ils étaient un gage d’honnêteté. Comme si dans les quartiers populaires on raisonnait tous encore en terme ethnique. Comme si dans tous les quartiers populaires de France il n’y avait que des « gens de la diversité. » Par leur patronyme et leur taux de mélanine,  ces candidats représentent-ils la réalité des quartiers pauvres de la banlieue de Lille ? Banlieue dans laquelle, au passage, vit une importante population descendante d’Italiens, de Polonais et autres Français bien avant l’époque de Gavroche ? Ce que les Socialistes n’ont pas saisi, c’est que nous autres habitants des quartiers avons senti la douille de la « diversité » ! Et Sarkozy, en nommant Dati, Yade et Amara dans son gouvernement, n’a fait qu’enfoncer le clou. Ces candidats suscitent d’ailleurs souvent la méfiance. L’ironie même : « C’est pas les personnes, c’est les idées. La couleur des gens… comment tu fais si t’es daltonien ? », s’amuse Sergio.

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Qu’ont fait ces « issus de la diversité » ? Avril 2007, Sarkozy nomme Dati et Yade aux postes respectifs de garde des Sceaux et de Secrétaire d’État aux Droits de l’homme. On se dit que le mec a osé faire ce que la gauche n’a jamais fait. Peut-être que les choses vont enfin changer… Mais de la routine de l’agenda politique de Sarkozy émerge une diversité en fond d’écran qui fait pschitt. C’est à se demander ce qui a le plus marqué dans la gouvernance de Fadela Amara en tant que Secrétaire d’État : le plan banlieue ou ses progrès esthétiques ? Et concernant Rachida Dati ? La réforme de la carte judiciaire ou sa grossesse énigmatique qui a tenu en haleine tout l’hexagone ? Quant à Rama Yade, ses coups de gueules à multiples reprises ont sauvé les apparences.

Énorme déception également du côté des militants peoples de Sarkozy. À l’image de Gary Coleman de la série à succès Arnold et Willy devenu gardien de parking, en France, c’est Faudel qui a fait les frais d’un soutien à l’UMP et d’une amitié affichée avec un Nicolas Sarkozy ministre de l’Intérieur, puis candidat. L’ancien petit Prince du raï a ouvert avec sa compagne un snack à Paris. Rien de honteux là-dedans pour nous autres citoyens lambdas qui fricotons avec ce genre de nourriture. Mais pour une célébrité à l’instar de Faudel, la dégringolade est violente. Cela se passe au niveau le plus élevé de l’État et de la société, mais aussi à l’échelle locale. Combien de candidats de droite et de gauche ont racolé des citoyens musulmans ? Allant jusqu’à aller dîner chez eux, à pénétrer dans l’intimité de leur foyer pour au final les laisser sur le carreau une fois élus ! Ces pratiques sont une réalité. Et quand elles arrivent, c’est moche pour la République !

« La véritable égalité, ce n’est pas de constater des égaux, c’est d’en faire », disait Léon Gambetta. « Gageons que le Parti socialiste saura faire sienne cette maxime républicaine d’une brûlante actualité », concluaient dans leur livre commun Najet Vallaud-Belkacem, secrétaire générale de la campagne de Ségolene Royal, et le sociologue Eric Keslassy. Pour aller plus loin, la question serait aussi de savoir d’où l’on se place pour déterminer l’égalité ou non de celui qu’on a en face de nous.

Les figures présentes dans les équipes de campagne des candidats à la primaire peuvent susciter l’indignation chez certains. De par leurs déclarations ou agissements. Exemple chez Aubry qui a recruté pour les questions de « laïcité-identité républicaine » Jean Glavany, membre de la  Mission (controversée) d’information sur la pratique du port du voile intégral sur le territoire national et Yamina Benguigui qui a réalisé la très critiquée série télévisée Aïcha. Montebourg lui a choisi comme porte-parole Sihem Habchi, ancienne présidente de Ni Pute Ni Soumise. S’entourer des personnalités les plus médiatiques n’est pas forcément gage de qualité, le cas de Yade, Amara et Dati en sont un bel exemple…que le PS retienne la leçon.

Aladine Zaiane

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