J’ai parfois l’impression que les gens votent au feeling plus que sur un programme. C’est cela qui m’a poussée à interviewer Mme Josianne Nouzille, chef de circonscription de service sociale à Noisy-le-Sec (93). Je voulais interroger une adulte sur une question d’actualité, être face à une autorité pour qu’elle me donne une sorte de « mode d’emploi ». De plus, je pense sincèrement que son avis rejoint celui de la plupart des Français quant à leur perception des hommes politiques.


– Quand vous votez, vous vous basez sur quoi ?
– Il y a deux choses. D’abord le côté coeur, le « feeling »; ensuite le programme. Bien sûr il faudrait que les deux aillent ensemble, mais jusqu’à présent, je vote plutôt au « feeling » pour le premier tour, et selon le programme pour le deuxième. Cette fois-ci, je vais essayer d’aller directement au programme.

– Si le candidat du parti opposé proposait des éléments de programme qui vous correspondent mieux, pourriez-vous changer de parti?

– Non! Depuis plusieurs années, j’ai un choix préférentiel. Même si je trouve que les candidats de mon parti ne vont pas assez loin et ne sont pas assez près de la population, je garde toujours ce choix.

– Qu’est-ce qui vous touche chez un candidat ?
– Sa façon de montrer une certaine sensibilité. Je suis sensible à un candidat vif, qui hésite, qui ose dire qu’il ne sait pas et va se renseigner. Je suis touchée par l’honnêteté, même si c’est difficile à voir. Ensuite il est vrai que je reste sensible à l’image, comme tout le monde, mais je garde ma reflexion personnelle.

– Lorsque vous votez, connaissez-vous le programme des candidats ?
– On ne connait jamais le programme politique complet, ce serait incompréhensible et indigeste. Chaque candidat prend un point phare et puis le développe. On accroche ou on n’accroche pas. Pour ma part, une fois que le candidat est élu, il change de chemise et le programme n’existe plus. En fin de compte, ce n’est pas un élément suffisant pour pouvoir se déterminer. Je m’identifie plus à l’être humain – qui mange, boit et dort comme moi – plutôt qu’à un programme politique. Surtout que les promesses n’ont souvent pas de suite.

– Au fond, vous votez plus au « feeling » que sur des points précis qui devraient changer votre quotidien…
– C’est une question difficile… Effectivement, le « feeling », le charisme, un point particulier du programme font que je vote pour telle personne… C’est un peu une recette miracle, non? Vous savez, cela fait un certain nombre d’années que je vote. Je le fais toujours dans le même sens parce qu’il y a des choses qui me déplaisent dans la partie adverse, malgré les points communs et les transversalités entre les deux grands partis. Mais malgré ces années de vote, je n’ai vu aucun changement réel. Et pourtant, je pense qu’il reste important de continuer de voter.

-Pourriez-vous voter pour un parti qui défend un programme particulier comme l’Environnement?
– Non. Pour moi, ces gens-là restent des militants, ce ne sont pas des politiciens.

 
Caroline Pierre (Lycée Louise Michel)

Caroline Pierre

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