Il n’y a pas d’effet « Kamel Hamza » à La Courneuve (93). Avec un score calamiteux de 16% au premier tour des municipales, loin derrière le maire sortant communiste Gilles Poux et le socialiste Stéphane Troussel, le candidat de l’UMP ne parvient décidément pas à accrocher le vote des Courneuviens. Lui qui s’est présenté ici même aux cantonales de 2004, puis en 2007 aux législatives, n’a pas prise sur les « quarante années de socialo-communisme » qu’il dénonce à La Courneuve.

Il a pourtant grandi dans cette ville. Il est tout sauf un parachuté. Son parcours renvoie une image a priori positive des quartiers. En plus, il s’appelle Kamel. Mais cela, jusqu’ici, n’a pas suffi à le faire élire. Peu de gens se reconnaissent en lui. Kamel Hamza, 39 ans, est de l’UMP. Il appartient au camp de Nicolas Sarkozy. De nombreux Courneuviens gardent en mémoire le mot « Kärcher » prononcé à la Cité des 4000 par l’ancien ministre de l’intérieur en mai 2005, suite à la mort d’un enfant, atteint par une balle perdue.

Pour l’UMP, l’élection de Kamel Hamza à la mairie de La Courneuve aurait une portée « symbolique ». Ce à quoi la gauche rétorque : « Mais ce serait autant symbolique et surprenant d’avoir un maire de droite à La Courneuve. Un Kamel incarne autant la diversité et la mixité qui caractérise la Courneuve qu’un Gilles ou un Stéphane! Avant le nom, il y a d’abord le parti qu’on défend ! »

Pour certains, comme les murs des cages d’escaliers en témoignent, « Hamza c’est Sarko ». Ses slogans de campagne, « Sauvons La Courneuve », « Vous rendre la fierté d’habiter La Courneuve », ne passent pas. Sans parler de ses soutiens encombrants comme celui d’une ex-candidate Front national aux cantonales de 2004 dans le 93, du nom de Simone Lefèvre, qui milite activement pour lui même si elle n’est pas sur sa liste.

« Qu’il sache que nous sommes très fiers d’habiter La Courneuve, que La Courneuve n’est pas au bord du gouffre. En plus, il a quelqu’un du FN avec lui ! », commente sèchement Youssouf, un résident des « 4000 sud ». D’autres habitants ne le sentent pas assez investi dans la commune. « Il est déjà occupé, puisque c’est l’assistant parlementaire d’Eric Raoult, député-maire du Raincy », constate, ironique, Said.

Kamel Hamza n’est pas même conseiller municipal. Cela ne l’a pas empêché d’assister en grande pompe à la visite de Nicolas Sarkozy à la mairie de La Courneuve, en été 2005, quand l’actuel président de la République étalait ses promesses devant la jeunesse courneuvienne. Une visite dans laquelle les élus socialistes n’avaient pas été autorisés à franchir le seuil de la salle des fêtes.

Après le « tout sauf Sarkozy » aux présidentielles (80% pour Ségolène Royal dans certains quartiers) et aux législatives, Kamel Hamza n’a pas su se faire accepter par Les Cournveuviens. Il pâtit à la fois de la popularité du maire sortant et d’un certain désir de changement… mais à gauche encore et toujours. Si ce n’est pas Poux, le sortant communiste, ce devrait être Stéphane Troussel le socialiste. Mais pas Hamza ! Telle est la consigne aux « 4000 » comme partout ailleurs à La Courneuve.

Mehdi Meklat et Badroudine Said Abdallah

Première photo: Nicolas Sarkozy à La Courneuve à l’été 2005

Seconde photo: Kamel Hamza

Mehdi et Badroudine

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