Pour le directeur du Bondy Blog, Nordine Nabili, le chantier des relations médias-banlieues est « pharaonique » comme est gigantesque le chantier du retour de la confiance envers la politique dans les quartiers populaires. Estimant que « le débat public a montré des signes de grande fragilité », ce journaliste analyse : « Ce n’est pas uniquement un désamour, c’est une défiance (…) Aujourd’hui, la parole politique n’a plus ni la saveur ni la portée qu’elle devrait avoir, alors que le contexte socio-économique de certains quartiers nécessiterait plus que jamais de la politique ».

La Revue Civique : comment expliquez-vous l’absence des quartiers populaires dans les débats de la campagne présidentielle ?
Nordine NABILI :
Les candidats ont considéré ces territoires comme étant électoralement minimes. Ce n’est pas un réservoir important ! Les quartiers populaires s’invitent dans le débat, on vient rarement les chercher. Ils s’y invitent, généralement, par la violence malheureusement : des voitures brûlent, la police se met en marche, une émeute s’organise… De ce fait, ils sont assignés perpétuellement dans l’émotion, les passions et l’idéologie. Autant dire le brouhaha médiatique.

Cela semble d’ailleurs le seul point d’entrée pour les médias…
Oui, et c’est terrible. L’expression politique des quartiers la plus visible, c’est l’émeute. Les partis politiques ont déserté ces territoires. Nous sommes dans un contexte d’affaiblissement des grandes idéologies, des grandes structures politiques, syndicales, cultuelles. La parole politique des quartiers est complètement déstructurée. Il y a un lien direct entre la fin de la classe ouvrière et le vide politique actuel. Les revendications et la médiation politique ont laissé place à l’émeute et aux coups d’éclat. Cette violence est l’expression d’une souffrance socio-économique non prise en charge par le politique. Je ne parle pas là de ceux dont la violence est le fond de commerce, les délinquants « professionnels » ou le grand banditisme. Je parle d’une frange importante de la population des quartiers – et pas forcément que des jeunes, d’ailleurs !-, des gens honnêtes, qui travaillent, qui n’ont aucun moyen d’expression et sont sans relais dans les centres de décision. Les grands responsables, restent, à mes yeux, les responsables politiques distants de la réalité sociale du pays.

Loin des images floutées et de la pénombre

Avant d’en venir aux politiques, évoquons la responsabilité des médias…
Je fais la différence entre les médias publics et les médias privés. Les médias privés n’ont, en quelque sorte, pas de compte à rendre. Même si je me bats pour qu’il y ait une responsabilité sociale des journalistes, quel que soit le média pour lequel on travaille. Le média qui doit être le plus impliqué sur ces questions et le plus soucieux de la réalité à restituer de ces quartiers, c’est quand même le média de service public. Non seulement les habitants des quartiers font face aux difficultés sociales et économiques du quotidien, mais en plus ils doivent se défendre contre l’image publique d’eux-mêmes ! Les gens dans les quartiers paient aussi la redevance. Ils contribuent, de ce fait, à l’existence d’un service public soucieux d’un traitement juste et honnête, loin des images floutées, des voix saturées, de la pénombre et du sensationnalisme imposés par les médias privés. J’ai le sentiment que la banlieue, dans le « grand scénario médiatique », a le rôle du canard boiteux. On la convoque lors de contextes spécifiques : une campagne électorale, le lancement d’une nouvelle émission. La banlieue est comme un mot-clé qui n’est jamais évoqué sur le plan culturel ou économique, mais uniquement sensationnel ou éventuellement sociétal. Le chantier des rapports médias/ banlieues est pharaonique. Il y a urgence à formuler des propositions en matière de formation des journalistes pour une meilleure connaissance des enjeux des thématiques urbaines.

Et la responsabilité des politiques, où est-elle ?
Lorsque je dis que la responsabilité incombe plutôt aux politiques, c’est qu’ils ont aussi comme mission de veiller à un certain équilibre. La noblesse de l’action politique est de se soucier des catégories les plus faibles, de veiller à l’équité pour tous et non pas de les « gérer » en périphérie. Lorsqu’on regarde ce qui se passe dans les quartiers, on s’aperçoit qu’il n’y a quasiment plus de militants. Je suis très bien placé pour en parler, car j’ai été nourri politiquement à la fin des années 70 et tout au long de la décennie 80 par des militants politiques. Il existait une mixité dans les quartiers dits « populaires » à l’époque, des instituteurs, des cadres y habitaient. Mais dès la fin des années 80, dès qu’il y a eu possibilité d’accéder à de nouvelles zones pavillonnaires par exemple, les cadres ont été les premiers à partir. Et les autres, les ouvriers, en fait pour beaucoup des Arabes, des Noirs, qui travaillaient dans le secteur alors déclinant de l’industrie, se sont retrouvés dans une espèce d’impasse. C’est le début de la fin de l’ascension sociale. Quand je parle des quartiers, je ne découple jamais cette réflexion de l’histoire du monde ouvrier. L’ouvrier, qui était dans l’usine dans les années 70 et 80, avait un statut. Je suis moi-même fils d’ouvrier. J’ai grandi dans une cité de Mulhouse où les gens travaillaient soit chez Peugeot, soit dans les mines de potasse d’Alsace. J’habitais donc un quartier où l’on était soit « mineur », soit « Peugeot » comme on disait alors. Les gens n’étaient pas classifiés comme Arabes, Algériens, ou Portugais. Ce qui constituait notre identité, c’était soit notre appartenance à la mine, soit à l’usine. Il y avait un destin commun… Nous étions enfants d’ouvriers, encadrés par des militants socialistes ou communistes, par les syndicalistes qui travaillaient sur les chaînes de production de Peugeot par exemple et qui, le soir, militaient pour qu’on ait un feu rouge à la sortie de notre école, ou bien un local pour les jeunes… Il y avait donc une espèce de communauté d’engagement, un fil conducteur. De plus, l’ascenseur social d’une génération sur l’autre avait encore un sens, ce que les sociologues appellent la « récompense différée ». Ce qui a été mon cas d’ailleurs. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas, la mixité sociale est rare dans les quartiers, qui sont devenus une sorte de no man’s land politique et statutaire, économiquement et socialement parlant.

Un débat public d’une grande faiblesse

La situation a commencé à décliner à la fin des années 80, à partir du début du deuxième septennat de Mitterrand. Une période qui d’ailleurs coïncide aussi avec la chute du Mur de Berlin et l’émergence de l’Islam politique. Beaucoup ont voulu transformer le danger de la faucille et du marteau par celui du « barbu» et du Coran. Et donc, on s’est retrouvé, nous habitants de quartiers, acteurs d’un mouvement qui nous dépasse, classés parmi l’ennemi international. Donc renvoyés à notre identité première réelle ou supposée. Le raccourci s’est fait rapidement, entre autres par les coups de boutoir du Front National, qui a véritablement pourri le débat. Je trouve que ces derniers temps, le débat public a montré des signes de grande fragilité et de grande faiblesse. Il me semble qu’il est le symbole d’une angoisse collective, le symptôme d’un manque d’idées et d’audace impressionnant de la part de nos élites politiques. Et en même temps, ils sont le reflet d’une société. J’ai quand même l’impression qu’ils ont dénaturé leur rôle en allant trop souvent dans le sens du sondage, de la petite phrase, du court terme… La classe politique a affaiblit le débat, et par voie de conséquence, a affaibli aussi son image. C’est elle qui nourrit les rangs de l’abstentionnisme, et qui pousse beaucoup de gamins à adhérer à des thèses religieuses plutôt qu’aux thèses républicaines. Ce n’est pas uniquement un désamour, c’est une défiance. Il faudra du temps, de nouveaux visages et des paroles nouvelles pour reconstruire la confiance. Aujourd’hui, la parole politique n’a plus ni la saveur ni la portée qu’elle devrait avoir alors que le contexte socio-économique de certains quartiers nécessiterait plus que jamais de la politique. Je pense également que tous les candidats ont compris qu’il valait mieux s’adresser aux « 50/70 ans », qui aujourd’hui représentent un corps électoral stable, ont un pouvoir d’achat conséquent. Il est plus compliqué de s’occuper des jeunes de quartiers, qui sont peu nombreux à voter, et font peu l’économie de ce pays. C’est une erreur stratégique historique d’aller dans le sens des intérêts du « pouvoir gris ».

Le renvoi permanent du pessimisme

Qu’en est-il de la capacité des jeunes eux-mêmes à se projeter dans un projet collectif, même au niveau associatif dans les quartiers. On parle beaucoup de repli, d’individualisme, d’atomisation de la société. Est-une réalité que vous observez ?
Ce que je ressens, c’est que la valeur de la solidarité existe. Quelque soit le moment, le contexte, la situation sociale du jeune, il s’agit presque d’un réflexe : il est solidaire, presque par essence. Les jeunes sont très portés sur la question de l’égalité, de la justice. Dès qu’il s’agit de monter une opération de solidarité, les jeunes sont capables de se mobiliser jour et nuit ! Le vrai problème de la société française, c’est que sa partie la plus pauvre, c’est justement la jeunesse : un jeune sur cinq, âgé de 18 à 25 ans, vit en dessous du seuil de pauvreté ; 150 000 jeunes sortent du système scolaire sans diplôme ; plus de deux millions d’enfants vivent dans une famille pauvre ; et je ne parle même pas des problèmes de précarité à l’entrée du monde du travail ou des difficultés pour se loger. Il est difficile de parler de bien commun, de projet collectif, quand on est soi-même dans la difficulté, sans savoir de quoi sera fait demain. Mais ce qui est terrible, c’est que notre génération, celle des 40/50 ans, leur renvoie en permanence du pessimisme en leur répétant que « ça va être pire demain ! » Alors que, pour reprendre l’exemple de mes parents, c’était l’inverse autrefois. Ils m’ont toujours dit que l’avenir serait plus rose pour nous. Je ne suis pas sûr aujourd’hui d’avoir la même conviction pour mes propres enfants. Mais je reste optimiste, malgré les difficultés, la stigmatisation dont elle fait l’objet et les procès en légitimité, cette nouvelle génération a une belle revanche à prendre. Le développement des technologies, du Web, peut donner l’impression qu’on assiste à l’émergence d’une génération de « solitaires », tous seuls devant leur écran… Mais en même temps une communauté se crée. Pour le Bondy Blog par exemple, nous nous voyons en général physiquement le mardi soir pour la conférence de rédaction, et toute la semaine, on s’appelle, on s’envoie des mails, on va sur les profils de l’un ou de l’autre. Mais le mardi, on a besoin de se retrouver, de se confronter, de s’envoyer des vannes, de faire claquer quelques portes, parfois de se détester. Cette jeunesse de France est en train de se construire avec les outils du Web, sur des sujets que nous-mêmes nous ne maîtrisons plus aujourd’hui. C’est d’ailleurs pour cela que les grands médias s’inquiètent du manque d’audience des jeunes au JT de 20 heures. Ces derniers ne le regardent plus vraiment, ils ne s’y retrouvent pas, ils ont l’impression d’être dans un simple rôle de figuration. C’est la fin de l’information à sens unique, les jeunes l’ont compris depuis longtemps…

Une alliance entre des journalistes et des jeunes D’autres Bondy Blog se sont développés, à Marseille, Lyon, mais aussi au-delà des frontières, en Suisse, à Dakar ou en Tunisie notamment. Comment sont-ils nés, et prévoyez- vous d’en développer d’autres ? Et, dans le même temps, pourquoi le Bondy Blog n’a pas essaimé dans d’autres banlieues, dans une logique de diffusion de bonnes pratiques ?
Je dois en revenir à la naissance du Bondy Blog lui-même pour pouvoir vous répondre. Car le Bondy Blog nous échappe. Il n’est pas né d’un projet organisé mais d’un drame, à savoir les émeutes de 2005. Lorsque les journalistes suisses à l’origine du blog sont arrivés ici, ils devaient rendre une simple double-page au magazine L’Hebdo. Après, l’un d’eux s’est rendu compte que cela ne pourrait suffire à restituer ce qu’il était en train de vivre depuis quelques jours. Il a donc créé le Bondy blog, à une période où la technique du blog, en 2005, était en pleine émergence. Le Bondy Blog est d’ailleurs le doyen des pure-players en France ! Le Bondy Blog est en quelque sorte la nouvelle société civile en Seine-Saint-Denis. Nous étions les grands oubliés des médias, des partis politiques. Les journalistes suisses nous ont demandé de continuer le travail commencé. Et nous avons immédiatement envisagé de donner la parole aux jeunes. Car nous ne sommes pas seulement un média, nous sommes aussi ici pour apprendre à exister, prendre la parole sur la place publique, c’est exister ! En écrivant, on acquiert un statut, on devient auteur. L’expérience du Bondy Blog est empirique. On marche parfois à l’instinct. On tente, on expérimente, on se jette à l’eau. Nous avons la foi des pionniers. Un ami m’a appelé de Lyon, pour nous proposer des articles. Nous les avons publiés. Ensuite, nous avons décidé de l’aider à ouvrir un blog, qu’on a appelé le Lyon Bondy blog, qu’on a intégré à nos pages. Le même phénomène s’est reproduit avec celui de Marseille par exemple, de manière spontanée et pragmatique. Pourquoi pas plus de diffusion dans d’autres banlieues ? La difficulté est que le Bondy Blog est le résultat d’une alliance entre des journalistes, dotés d’un savoir-faire professionnel, et des jeunes qui ont quelque chose à dire, à exprimer. Ce cadre est indispensable. Quand des maires m’appellent en m’expliquant qu’ils souhaiteraient lancer un blog dans leur ville, je leur dit que d’abord ce n’est pas un maire qui décide de créer un blog avec les jeunes, ce sont les jeunes eux-mêmes qui le décident. La création d’un blog et sa gestion demandent énormément d’énergie. Ce n’est pas le blog qui crée la démocratie locale, c’est l’inverse. Les réseaux sociaux ne créent pas la citoyenneté, ils en sont un vecteur de multiplication et de diffusion. Notre rôle est d’accompagner et de former ces jeunes aux techniques de production de l’information au service de leur expression citoyenne.

C’est un rôle d’encadrement ?
Oui. Moi-même je sers de grand-frère pour certains, voire de père pour les plus jeunes, soit simplement de journaliste professionnel pour ceux dont je ne peux être ni le père, ni le frère. En ce qui concerne les blogs à l’étranger, au Sénégal ou en Tunisie par exemple, ils sont habités par la même idée qui nous guide ici à Bondy : contourner les voies établies. Mais c’est le seul lien véritable qui nous unit, mise à part la langue française ou encore le sentiment de ces jeunes de ne pas être considérés, représentés. Mais attention, Bondy n’est pas l’Afrique. Il ne faut évidemment pas tout confondre.

Que pensez-vous de la discrimination positive ?
Je n’aime pas cette idée. C’est une mauvaise traduction de l’« affirmative action » américaine ! Je considère que les États-Unis et la France ont peu de choses en commun sur le sujet. J’adore les États-Unis, j’ai une admiration profonde pour le mouvement des droits civiques dans ce pays. Mais je considère néanmoins que la République française est, à bien des égards, beaucoup plus innovante, politiquement parlant, que le système anglo-saxon.

Remettre la machine républicaine en marche

J’ai été élevé à l’école républicaine et j’essaie quotidiennement de vivre et faire vivre le triptyque « Liberté, Égalité, Fraternité ». J’estime qu’il faut remettre la « machine » républicaine en marche. L’heure est grave, nous devons décloisonner le débat politique et affirmer le rêve républicain. La France a changé de visage. Il nous faut l’accepter. Nous parlons encore « d’immigration » pour des populations qui en sont à la troisième, voire à la quatrième génération établies sur le sol français ! A partir de quand est-on Français ? Si on considère que tu arrives en France, tu fais des enfants, tu t’établis dans ce pays, tu adhères à ses valeurs, alors tu es Français. Il faut que l’on remette sur pied le cadre républicain, qui a toujours marché mais qui peut s’abimer en cas de difficultés socio-économiques. La discrimination positive n’est pas la traduction de l’esprit de la République. Cela serait pour moi une profonde souffrance de m’entendre dire que les postes à responsabilité que j’ai occupé au cours de ma carrière ne m’ont été attribués que parce que j’étais arabe ! Il faut être très vigilant avec ce concept de discrimination positive. Il faut surtout que l’État, les politiques publiques, retrouvent leur rôle. Pourquoi l’action de l’État ne pourrait être aussi performante et réactive pour les banlieues que celle qui a sauvé en 2008 le secteur bancaire privé ? Voilà un projet audacieux, car il implique la volonté de remettre le pays dans le bon sens de l’Histoire et de partager un destin commun. Comme au sortir de la dernière guerre, on devrait essayer, nous Français, de nous remettre dans cet état d’esprit. Et ainsi reconstruire pour les cinquante prochaines années et au-delà un nouveau contrat social. Vue de l’étranger, la France reste un merveilleux pays, patrie de la justice sociale et des Lumières. Hélas, la cacophonie ambiante zoome sur une élite française fébrile, en perte de confiance. Les nouvelles générations auront à relever le défi pour reprendre le flambeau et restaurer l’image d’une société blessée par les séparatismes et les ravages de la politique du court terme.

Propos recueillis par Georges Léonard et Aurélien Mathé

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