Après la journée de rencontres avec les jeunes des quartiers populaires pendant lesquelles Kamel a réussi à obtenir le numéro de téléphone perso de Sarko (voir l’article et la vidéo) il s’est fait rappeler par la conseillère technique du ministre-candidat, Rachida Dati, qui l’a invité à venir la voir au ministère. Kamel arrive avec une demi-heure d’avance. Il a peu dormi.

« J’ai entendu trop de choses. Depuis qu’il y a eu la vidéo sur le blog, il y a des gens dans la cité qui me traitent de traître. Mais les mêmes, si je les écoute, je serais avec 150 CV avec moi pour les montrer à Sarko. Le problème c’est qu’entre-nous on ne s’encourage pas à s’en sortir. Moi je veux m’en sortir. Si Sarkozy m’écoute et me donne un coup de main, je vais pas dire non. C’est quoi la fierté quand tu as les huissiers tous les mois chez toi ? »

Miromesnil, quartier chic : « Téma, le scooter 4 roues il était la semaine dernière dans Turbo et ils l’ont déjà ici. Eh M’sieur votre Porsche, c’est le dernier modèle ? ». « Non » répond l’autre visiblement gêné. Il ment. Devant le ministère, un des gardiens donne des tuyaux pour trouver un rade où le café est à moins de 4 €. L’un d’entre eux sympathise avec Kamel. Il raconte qu’il a failli habiter Bondy mais qu’il a opté pour Romainville au final. « Tu vas voir tu vas le regretter. Je peux te tutoyer au fait ? ( Bien sûr !) T’as vu, chez nous tu tutoies un keuf tu peux te faire embarquer, ici on est des potes ».

Arrive l’heure du rendez-vous. On est en famille. Le petit frère et la grande sœur se parlent comme à des retrouvailles. Les problèmes sont bien connus. On évoque les aller-retours des parents entre les deux pays, sans se sentir bien ni ici ni là-bas. L’univers de la galère vu à travers un poste de magistrat pendant deux ans à Bobigny. A la fin de l’entrevue Kamel est invité pour déjeuner deux jours plus tard avec le ministre qui reçoit les jeunes organisateurs des tables rondes avec la synthèse des propositions qui en sont sorties.

 

Kamel El Houari / Samy Khaldi

Samy Khaldi

Articles liés

  • Au NPA : « on n’est pas idéalistes, on est révolutionnaires »

    Pour son premier meeting de campagne présidentielle, Philippe Poutou, le candidat du Nouveau Parti Anticapitaliste, avait donné rendez-vous à ses soutiens dans le 20ème arrondissement de Paris, jeudi 21 octobre 2021. Enflammés par des slogans de manifestation, les jeunes militants du parti prônent l'utilité des "petites luttes" du quotidien, plutôt que le vote utile, déjà dans toutes les têtes.

    Par Meline Escrihuela
    Le 22/10/2021
  • A la recherche des 500 signatures pour Anasse Kazib

    La course à la présidentielle passe nécessairement par l'étape des 500 signatures de parrainage d'élus pour pouvoir concourir au premier tour. Si pour certains candidats, ce n'est pas une question, pour d'autres comme Anasse Kazib, c'est déjà un premier combat à mener. Anissa Rami a suivi ses militants sur le terrain pour comprendre cette autre lutte d'influence. Reportage.

    Par Anissa Rami
    Le 06/10/2021
  • Zemmour : qu’importe le racisme pourvu qu’on ait l’audience

    Une nouvelle étape a été franchie dans la légitimation des propos racistes d'Eric Zemmour. Elle est venue d'un candidat de gauche, et d'une chaine d'information en continu, lors du face à face entre Zemmour et Melenchon sur BFM, jeudi 23 septembre dernier. Personne n'attendait de débat sur des propositions de fond concernant la précarité, la santé, ou encore la justice. Il n'a pas eu lieu. À la place, l'insulte, l'humiliation et la xénophobie devenus programme validé dans la course à la présidentielle. Édito.

    Par Jalal Kahlioui
    Le 24/09/2021