« No comment ». Voilà certainement la phrase la plus entendue aujourd’hui sur la venue de Nicolas Sarkozy à Marseille. Sans commentaires ? « C’est un c****** », « je ne peux pas le blairer », « je m’en tape le coquillard de sa venue», « je n’ai aucune sensibilité pour ses idées ». Autant dire que Nicolas Sarkozy n’a pas la cote à Marseille en ce moment.

« Massilia » serait donc une ville de gauche ? Pourtant, le président sortant a recueilli 55,7% des votes dans la cité phocéenne au deuxième tour en 2007. Et puis, la mairie est entre les mains de Jean-Claude Gaudin,  le président du groupe UMP au Sénat. Bizarre, bizarre.

Si nombre d’avis sont tranchés, les Marseillais, habituellement si diserts lorsqu’il s’agit de parler politique, ne souhaitent généralement pas s’exprimer au sujet de Nicolas Sarkozy. « Cela relève des opinions trop personnelles mademoiselle ». Il semblerait que voter UMP soit devenu tabou dans la ville aux mille visages. Il fait bon dire que l’on vote à gauche mais à droite c’est moins tendance. On n’assume guère ses convictions même si elles affleurent au détour de quelques phrases : « le service militaire, la rigueur, il y a que ça de vrai ! »

Zora, au chômage, c’est sûr,  n’ira pas au meeting du candidat UMP : « Il n’y a que de la misère depuis qu’il est là. Le bakchich, il n’y a que ca qui compte pour lui ». Chantale, jeune retraitée de sensibilité de gauche, a été déçue par la politique menée ces cinq dernières années, « il a laissé entrevoir de grandes espérances pour les gens et finalement… » Pauline assistante sociale se sent trahie par une politique globalement « anti sociale » : « S’il repasse je change de métier. Aujourd’hui, on fait tampon entre sa politique et la colère des gens. On n’exerce pas notre métier, on soutient indirectement ses mesures et ce système. »

Une salle au Parc Chanot qui peut accueillir 7 000 personnes a été réservée pour la venue du président de la République ce weekend. Des bus pour les militants ont été affrétés. Si les Marseillais ne sont pas sûrs de leur choix pour le premier tour du 22 avril, tous sont d’accord sur une chose. Ils affirment  qu’il y aura très certainement beaucoup de monde dimanche au meeting de « soutien » à Nicolas Sarkozy. Mais qui ?

Charlotte Cosset

Articles liés

  • Ces citoyens qui misent sur Christiane Taubira pour l’Elysée

    Né sur les réseaux sociaux en juin 2020, le Collectif Taubira pour 2022 prend de l’ampleur. Alors que Christiane Taubira n’est pas officiellement candidate pour la prochaine présidentielle, des comités de soutien fleurissent aux quatre coins de la France. Qui sont-ils ? Quelle est leur stratégie pour emmener l’ex-garde des Sceaux à l’Elysée ? Reportage.

    Par Florian Dacheux
    Le 19/07/2021
  • Départementales : Aly Diouara : « Nos élus ont besoin d’un rappel à l’ordre »

    Le mouvement citoyen Seine-Saint-Denis au coeur a réalisé un score encourageant lors de sa première participation à un premier tour d’élection départementale, le 20 juin 2021. Formé en novembre 2020, il regroupe une cinquantaine de référents répartis dans une quinzaine de villes et désireux de rendre plus accessible la politique aux citoyens. Entretien avec Aly Diouara, candidat et porte-parole du collectif.

    Par Louise Aurat
    Le 25/06/2021
  • À défaut de voter contre, on ne vote plus

    Seul un électeur sur sept s'est rendu aux urnes pour voter lors du premier tour des élections régionales et départementales. Un abstentionnisme annoncé, dont l'augmentation après chaque scrutin local, choque toujours les observateurs et responsables politiques. Des positions souvent inquisitrices, loin de la réalité de l'offre politique face aux besoins qu'imposent l'époque. Édito.

    Par Jalal Kahlioui
    Le 21/06/2021