Après la sortie de Ségolène Royal au parlement des banlieues à Bondy, Nicolas Sarkozy tente de renouer le dialogue avec les jeunes des quartiers. Ce mercredi 13 décembre, c’est indoor, place Beauvau, qu’une rencontre était organisée.

 


On avait bien pris soin de mettre en avant l’association Bleu Blanc Rouge d’Argenteuil pour présenter cette journée mais personne n’était dupe. Il s’agissait bien d’une pure opération de séduction lancée par Nicolas Sarkozy envers les jeunes de banlieue. Cette journée se voulait être un signe fort envers les jeunes des quartiers pour enterrer la hache de guerre. Une manière de marquer une trêve pour repartir sur de bonnes bases en vue de la présidentielle. Mais avait on convoqué les bons acteurs pour la signature du traité de paix ?

Les violences de l’automne dernier ont clairement prouvé que la méthode dure faisait beaucoup de dégâts alors le ministre de l’intérieur est passé à la méthode douce en invitant place Beauvau des jeunes pour participer à une série de tables rondes.

Des jeunes, il y a en avaient quelques uns, mais pas tant que cela finalement. On a surtout vu défiler sur l’estrade des industriels, chefs d’entreprises, responsables d’universités, d’administrations, quelques artistes, tous venus expliquer ce qu’ils faisaient pour améliorer la situation dans les quartiers populaires. Ou plutôt ce qu’ils comptaient faire.
Peu de dialogue, pas de proposition, une journée infructueuse sur le fond mais tout le monde s’est vite rendu compte que le but n’était pas là.

Dans la salle, quelques jeunes issus des quartiers populaires sont un peu gênés de nous retrouver là. Nous les avions déjà croisés au parlement des banlieues avec Ségolène Royal.
Ils ont remis leurs plus beaux costumes, histoire de négocier un poste contre un soutien ou une caution contre une subvention. En politique on a le sens des affaires.
Certains nous disent clairement qu’ils sont prêts à se vendre au plus offrant.

Là où Nicolas Sarkozy a une longueur d’avance, c’est sur son staff. Contrairement aux socialistes, il a compris la valeur des symboles et a su s’entourer d’une équipe de conseillers « issus de la diversité » qui fait parfaitement son travail en ce jour de représentation.
Sa conseillère, Rachida Dati, est comme un poisson dans l’eau. Avec son équipe, elle accueille et dirige les opérations avec beaucoup d’aisance. Elle donne les meilleurs filons à Kamel et Idir, les Bondy blogueurs venus eux pour récolter des numéros de portable (lire poste suivant sur le même sujet).

Nicolas Sarkozy a perdu beaucoup de terrain dans les quartiers et il tente à tout prix de corriger la tendance. Le parti socialiste lui reprochera sûrement d’utiliser le ministère de l’intérieur comme QG de campagne. Les chiraquiens lui reprocheront de manœuvrer en solo.

Azouz Begag, pourtant ministre à la promotion de l’égalité des chances n’était pas convié à cette journée. Il fêtera dans son coin la clôture de son « tour de la diversité » au palais de Tokyo ce jeudi 14 décembre. On y retrouvera sûrement les mêmes jeunes en costume, les poches pleines de cartes de visite.


Par Mohamed Hamidi

Mohamed Hamidi

Articles liés

  • Le plus jeune député de France refuse de serrer la main au RN : qui est Louis Boyard ?

    Il a refusé de serrer la main à un député RN à l'assemblée nationale, il est le plus jeune député métropolitain de l'histoire de la Ve République française, il défend la jeunesse et les combats écologiques... Qui est Louis Boyard, député NUPES de la troisième circonscription du Val-de-Marne ? En s’imposant au second tour des élections législatives face à Laurent Saint-Martin, député sortant LREM, le jeune homme de 21 ans a créé la surprise. Portrait.

    Par Ayoub Simour
    Le 30/06/2022
  • « Strike » réussi pour la NUPES en Seine-Saint-Denis, malgré l’abstention

    En Seine-Saint-Denis, c’est un pari gagné pour la NUPES, qui visait sans détours le strike pour ces élections législatives. 12 circonscriptions sur 12 pour l'alliance de la gauche qui regroupe LFI, PS, EELV et PCF, qui détenait déjà sept circonscriptions, sous les couleurs du PCF et LFI. Le mot d’ordre qui semblait utopique pour certains est donc devenu réalité.

    Par Anissa Rami
    Le 20/06/2022
  • Face à la crise du logement, le gouvernement dans le déni

    Le résultat du second tour des législatives provoquera-t-il un remaniement ? En attendant, le ministère du logement est aux abonnés absents, depuis le 20 mai dernier. Une décision qui laisse bon nombre d’acteurs dubitatifs, alors que la crise du logement s’aggrave. Le président de l’association Droit au logement (DAL), Jean-Baptiste Eyraud, pointe, amer, les manquements du gouvernement.

    Par Céline Beaury
    Le 17/06/2022