Venue soutenir le 8ème Parlement des banlieues au Palais des sports de Bondy, le 25 novembre, Ségolène Royal a célébré à sa manière son baptême de candidate officielle à l’élection présidentielle, dans un lieu de démocratie participative par excellence. Une aubaine en faveur de la politique qu’elle souhaite mener au cours de sa campagne.

Sauf qu’il n’a pas été aisé d’en savoir plus sur les intentions de l’aspirante présidente de la république. La sono à faible puissance et le bruit dans la salle rendaient son discours difficile à décrypter. A défaut d’avoir obtenu un entretien, le Bondy Blog a été convié à la mini conférence de presse de Mme Royal organisée après ses échanges avec les quelques 400 personnes présentes, même si nous espérions un entretien plus direct.

Dès l’arrivée en voiture de Mme Royal, au parking du palais des sports situé dans la partie nord de Bondy, nous avons utilisé la méthode paparazzi, tentant une ultime demande d’interview. Devant l’accès à la salle, voilà que la candidate aux présidentielles 2007 se tourne vers nous en répliquant : « Ah ! Bondy blog… Je répondrai à vos questions pendant la conférence de presse ».

Vers 12h15, à la fin de la table ronde, la cohue des journalistes et membres d’associations (démocratie participative oblige) force les agents de la sécurité à former un cercle de protection autour de la candidate socialiste qui est accompagnée de Gilbert Roger, Elisabeth Guigou, députée PS de Seine-Saint-Denis et Claude Dilain, le maire de Clichy-Sous-Bois et Karim Zéribi, organisateur du parlement. La conférence de presse se transforme en une série de minis entretiens difficilement audibles. Entre deux réponses de Mme Royal, nous tentons de lancer une phrase : « – Vous êtes entourée de Georges Frèche qui a dit qu’il y avait trop de noirs dans l’équipe de France de football… ». Un des garçons chargés de la sécurité réagit à notre question: « Ah oui ! Posez-là cette question… allez y posez-là… Restez, elle va passer par ici ! ». Nous poursuivons quelques minutes plus tard : « Comptez-vous le garder dans votre parti ? – Je ne commente pas ce genre de déclaration, je l’ai déjà fait, ne mélangeons pas tout », réplique la candidate socialiste.

Dans la mélée des caméras et des micros des grands médias nationaux, Idir et moi réussissons à lancer quelques questions auxquelles Ségolène Royal a répondu.

Bondy Blog : Vous êtes un peu en retard par rapport à l’UMP, est-ce que vous nommerez des ministres issus de l’immigration ?

 

Ségolène Royal : Je m’interdis de parler de la composition gouvernementale. Chaque chose en son temps. Aujourd’hui, il s’agit de conquérir la confiance des français et de répondre aux problèmes qui se posent, aux espoirs et attentes. Je le fais avec une démarche qui va vers les citoyens. Je vais intégrer dans le projet présidentiel, les idées et choses qui marchent ; je viens me nourrir de cette énergie. La France en a besoin.

BB : Quels conseillers avez-vous en vue pour apporter des solutions en banlieue ?

S.R. Vous le saurez le moment venu. Je vous parle de la France, de la République, du bon fonctionnement de l’Etat, des projets qui sont mis actuellement en place. Et nous allons continuer à en parler et y travailler. Le parlement des banlieues est un partenaire à part entière de cette démarche.

Un bon exercice pour nous mais nous ne désespérons pas d’avoir un entretien dans de meilleures conditions avec Ségolène Royal, comme avec les autres candidats dans les prochaines semaines.

Nadia Boudaoud

Nadia Boudaoud

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