Le rouge communiste finit petit à petit d’être remplacé par l’arc-en-ciel de la NUPES par les habitant·e·s de Seine-Saint-Denis. Ces 12 députés vont rejoindre l’Assemblée Nationale parmi les 131 députés de la Nouvelle Union Populaire Ecologique et Sociale. Première force d’opposition à l’alliance présidentielle, Ensemble, qui a remporté 245 sièges, devant le RN avec 89 sièges et LR avec 61 sièges.

L’intégralité des députés de Seine-Saint-Denis de gauche envoyés à l’Assemblée Nationale, la première fois depuis 1981

En 1981, sous la présidence de François Mitterand, c’était la dernière fois que l’intégralité des député·e·s de Seine-Saint-Denis étaient issue de la gauche. Une victoire au niveau local où la bataille a fait rage. Dans la 5e circonscription (Drancy, Bobigny, Bourget), les résultats étaient aussi attendus que serrés. Député depuis deux décennies et président de l’UDI, Jean-Christophe Lagarde s’est incliné (46,5%) face à la candidate insoumise, Raquel Garido (53,5%). « Vingt ans c’est beaucoup mais ça y est, c’est fini », a-t-elle confié à nos confrères de Libération au soir de sa victoire.

La députée insoumise compte parmi les quatre candidats du parti de Jean-Luc Mélenchon élu pour la première fois dans le département. A ses côtés : Thomas Portes dans la 3ème circonscription (Gournay-sur-Marne, Neuilly-Plaisance, Neuilly-sur-Marne, Noisy-le-Grand), Aurélie Trouvé, 9ème circonscription, qui regroupe le Nord-ouest de Bondy, Les Lilas, Le Pré-Saint-Gervais, Noisy-le-Sec et Romainville, Nadège Abomangoli, 10ème circonscription (Aulnay-sous-Bois, sud-est de Bondy, Les Pavillons-sous-Bois).

 

Victoire inattendue pour Jérôme Legavre qui représente le Parti Ouvrier Indépendant (POI) dans la 12ème circonscription (Livry-Gargan, Montfermeil, Le Raincy). En rejoignant la NUPES, il gagne donc d’une courte tête (51,79%) face au candidat de l’alliance présidentielle, Stéphane Testé (48,21%).

Seule candidate qui porte les couleurs du Parti socialiste, Fatiha Keloua-Hachi a été élue avec 53,57 % des voix dans la 8ème circonscription (Gagny, Rosny-sous-Bois, Villemomble) éliminant la candidate LREM, Sylvie Charrière (46,43 %).

Après un choix unanime de la NUPES dans la 7e circonscription, où le député sortant Alexis Corbière a été ré-élu dès le premier tour avec 62,9% des voix, Stéphane Peu (Pierrefitte-sur-Seine, Saint-Denis (nord et est du canal), Villetaneuse), Eric Coquerel (Épinay-sur-Seine, L’Île-Saint-Denis, Saint-Denis (ouest et sud du canal), Saint-Ouen ) et Bastien Lachaud (Aubervilliers, Pantin ) sont eux aussi élus pour un nouveau mandat de 5 ans, avec plus de 70% des voix.

Des chiffres de l’abstention record, selon les enjeux locaux

Malgré les tentatives de Jean-Luc Mélenchon pour appeler à la mobilisation au second tour, la participation des votants n’était pas au rendez-vous. Malgré l’élan de la présidentielle pour le candidat insoumis, la démobilisation et le désintérêt s’est fait sentir : l’abstention a atteint 54% au second tour, selon l’estimation Ipsos-Sopra Steria, dépassant même les 52,4% atteint au premier tour de ces élections le 12 juin dernier.

En Seine-Saint-Denis, l’abstention a de nouveau atteint des records. Elle a culminé entre 55 et 77 % selon les circonscriptions. Elle a été la plus haute dans la 4e (Le Blanc-Mesnil, La Courneuve, Dugny, Stains) et 11e circonscription (Sevran, Tremblay-en-France, Villepinte). Une abstention à relativiser dans ces deux circonscriptions où deux candidat·e·s de gauche s’opposaient. Les candidates de la NUPES ont vu leurs adversaires respectifs abandonner le second tour. Elues avec 100% des voix, une voix suffisait pour remporter le siège de députée.

Après une bataille interne au PCF, Soumya Bourouaha (4eme circonscription) était au coude à coude au premier tour avec le candidat dissident PCF et maire de Stains, Azzedine Taïbi, qui a finalement choisi d’abandonner. Quant à Clémentine Autain (11 ème circonscription), elle faisait face à Virginie de Carvalho, candidate divers gauche, qui s’est elle aussi retirée.

Une abstention qui pose des questions sur la légitimité de ces mandats.

Pour le reste du département où les votants ont dû choisir entre deux candidat·e·s, l’abstention compte entre 55 et 68%. Des chiffres qui posent des questions sur la légitimité de ces mandats, lorsque plus de la moitié des habitant·e·s avec le droit de vote, et inscrits sur les listes électorales ne se sont pas déplacés aux urnes.

Même si la promesse de Jean-Luc Mélenchon premier ministre ne sera pas tenue, la mobilisation de la Seine-Saint-Denis derrière sa candidature à l’élection présidentielle et les résultats historiques de ces élections législatives, restent une victoire pour la gauche unifiée derrière la NUPES. Logement, éducation, service publics, autant de défis qui attendent les députés qui portent les couleurs de la Nouvelle Union Populaire Ecologique et Sociale. Des députés qui ont convaincu une partie de la population qui s’est déplacée pour aller voter, mais qui doit encore faire ses preuves sur le terrain pour améliorer les conditions de vie des habitant·e·s d’un des départements les plus pauvre de France.

Anissa Rami

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