Du 12 au 18 juin prochain, un collectif composé d’associations citoyennes et des principaux courants de gauche va organiser un référendum sur la ville concernant le droit de vote des étrangers.

Afin de connaître le déroulement de ce référendum, j’ai rencontré Mr Belakhdar, professeur de gestion au lycée professionnel Léo Lagrange. Membre de Rénové 93, le courant socialiste dont Arnaud Montebourg est à la tête, il est l’un des initiateurs de cet évènement avec, entre autres, le groupe Rebondir, Les Motivés, ATTAC, le PRG, le PC, les Verts, le PS etc. Leur initiative se situe au niveau local et ne s’inscrit pas dans une dynamique nationale. Marqués par le 21 avril 2002 et l’échec du parti socialiste, ils souhaitent d’abord faire entendre leur voix et rassembler les différents courants de gauche.

A travers cette consultation sur le droit de vote des étrangers, ce collectif cherche à développer une véritable pédagogie citoyenne et politique pour ainsi lutter contre l’abstention. En effet, selon les statistiques nationales, le taux d’abstention aux élections présidentielles de 2002 s’élevait à 14 millions. Durant toute l’opération, le collectif va sensibiliser la population sur l’importance du droit de vote. Il poursuit ainsi le travail déjà amorcé – mais inachevé – pendant les émeutes de novembre. En effet, la dynamique n’a pas été suffisamment longue pour changer les mentalités. Le collectif s’inscrit dans le même élan et souhaite regrouper les gens autour de valeurs similaires. Son constat est que certains jeunes refusent de voter par solidarité avec leurs parents qui, selon eux, ne sont pas reconnus. Le vote des jeunes et des étrangers est donc pour eux indéniablement liés. Les individus impliqués dans ce collectif militent pour que les gens se sentent davantage concernés par leurs devoirs civiques et pour que chacun, peu importe son pays d’origine, son appartenance culturelle ou religieuse, puisse revendiquer les mêmes droits de citoyens. Il est pour eux inadmissible de constater que certains vivent ici, travaillent, cotisent à la sécurité sociale, payent leur impôt et ne peuvent pourtant pas faire entendre leur voix lors des consultations civiques.

Du 12 au 18 juin, des urnes circuleront dans la ville, sur les marchés, aux abords du centre ville, de la gare, des cités, etc. Des tracts seront également distribués. Les organisateurs remettront à chaque participant une carte d’électeur symbolique en échange de leur vote. Les Bondynois devront alors dire s’ils sont pour ou contre le droit de vote des étrangers. Un dépouillement aura lieu le 18 juin en mairie et les résultats seront communiqués.

Cette opération ne s’inscrit pas dans la même lignée que celles organisées dans d’autres villes du département. L’accent n’est pas mis sur la simulation d’un vote des étrangers dans les conditions les plus proches du réel, mais davantage sur une pédagogie politique dont le but est de renouer le dialogue et retrouver un rapport de confiance avec la population. Les associations engagées dans cette action souhaitent voir nos dirigeants politiques revenir sur le terrain.

L’initiative est bonne, mais à vouloir diffuser plusieurs messages en même temps, la question du vote des étrangers ne risque t-elle pas de passer au second plan ?

Par Soraya Messaoudi

Soraya Messaoudi

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