Elle arrive avec quelques minutes de retard. Qu’importe ! Elle s’installe et se plonge directement dans le débat. À ses côtés, Rachid Kaci (conseiller à l’Elysée), Richard Descoings (directeur de Sciences-po) et Malek Boutih, un responsable national du PS. Enfin ! Elle a le micro. L’occasion pour Valérie Pécresse de dévoiler ses futurs plans. Les mots sont choisis, les phrases sont bien tournées. 

Puis, elle lâche un exemple « qui l’a bouleversé ». Carrément ! « J’ai fait un déplacement dans une prépa réputée qui accueille des jeunes de région parisienne. Et là, récite-t-elle, l’un d’eux prend la parole. Il nous fait part de son impression de découvrir un autre monde dans ce grand lycée. » La ministre n’a pas de larmes mais la gorge nouée, sans doute cette voix que l’on a tous au réveil. Un véritable don d’actrice. Puis, pour conclure son émouvante prise de parole, elle lâche : « Cela montre à quel point ces jeunes n’ont pas de codes. Ni de codes sociaux, ni de codes vestimentaires. » L’assistance n’apprécie pas tellement. Les lumières s’éteignent. Pécresse file en loge.

Entre deux pose-photo, on parle de sa chère collègue Fadela Amara.  La ministre déclare officiellement : « Il faut enjamber le périphérique. » Puis, les propos deviennent plus féériques. « Il faut faire rêver les jeunes tous les jours, notamment avec Luc Besson et sa maison du cinéma. » Tout en se vantant sur ces projets, Valérie Pécresse jure qu’en 2011, « un grand campus d’excellence va s’installer à Aubervilliers avec des supers chercheurs ». Pas de la pacotille mais le top du top, apparemment. Merci pour le rêve. On va tenter d’apprendre les fameux codes indispensables.

Mehdi Meklat et Badroudine Said Abdallah

 

Mehdi et Badroudine

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