19 heures, rue Sadi Carnot à Pantin. Tout le monde, ce mercredi, est sur son 31. Nous sommes pourtant loin encore du grand soir des élections régionales, mais justement, la drague, c’est avant la noce. Voici donc un speed-dating politique. La BAC est là, l’association Balle au centre, organise ces feux de l’amour mais en nettement moins long qu’à la télé. Le concept : six tables rondes, sept politiciens.

Les hommes et femmes à marier sont : Stéphane Gatignon (Europe écologie), Rama Yade (UMP), Alain Dolium (Modem), Corinne Bord et Christophe Bogler (PS), Omar Slaouti et Véronique Decker (NPA), Almamy Kanouté et Dawan Horfa (Emergence), et Patrice Bessac (Front de gauche).

Chacun montre ses atours. L’ambiance se veut bon enfant, du coup, ça se lâche un peu. Rama Yade qui donne le ton à son arrivée : « Je vais aujourd’hui expliquer notre position à cette jeunesse qui ne vote pas. Pas comme Jean-Paul Huchon et Cécile Duflot qui, par manque de respect, ne sont pas là. Pourtant moi, ce matin, j’avais une rage de dents… » Cécile Duflot était manquante car elle avait rendez-vous dans une école de commerce. Quant à Abdelhak Kachouri (tête de liste PS-MRC-PRG 93), il avait au même moment une interview à France Inter.

Top chrono. Chacun dispose de cinq minutes pour présenter ses idées forces devant l’assemblée. Propos convenus. On s’impatiente. Rama Yade, qui la joue lip dub, nous raconte son parcours professionnel, de son arrivée en politique. En gros elle nous fait sa bio comme si elle débarquait de sa campagne.

Après l’intro suivent minutes pile par « pôle », c’est à dire par table. Certaines des tables sont composées exclusivement de jeunes, d’autres de citoyens de tous âges. A la table numéro deux, celle du PS, on s’échauffe. Une organisatrice regrette un mot mal placé, et un participant s’énerve.

Chaque candidat semble se délecter de ce face-à-face « sans filtre ni tabou ». Voyons ce qu’on à dire les candidats d’Emergence, où la « diversité » est bien représentée : « C’est une volonté pour nous de ne pas faire de parti. Nous sommes des électrons libres. On rassemble tous ceux qui ne votent plus. » Emergence passe pour être le « parti des banlieues ».

Revenons au concept de la soirée : séduction. Et pourquoi pas sex appeal ? Faut rien exagérer: « Non, il n’y a pas eu d’efforts particuliers sur la tenue ce soir. Par contre, je laisse à la fin mon adresse mail, pas mon numéro de téléphone », informe Rama Yade, un peu mutine. Une musique retentit, c’est l’heure de changer de table.

Deux jeunes Bondynois ne sont pas convaincus par le concept : « On est venus pour se faire une idée, savoir pour qui voter. Au final, ils sont tous beaux parleurs. Certains ont de meilleures idées, mais aucun ne sort du lot, à part peut-être la liste Emergence (table ci-contre). C’est la deuxième année où l’on peut voter, on va en profiter. » Les candidats présents ont plutôt apprécié cette rencontre, du moins dans sa forme : « Un échange direct et original, comme la politique devrait l’être quotidiennement », résume Alain Dolium.

Sarah Battikh

Légende photo du milieu : table du NPA avec Omar Slaouti, au centre

Sarah Battikh

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