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Le retour. 26 ans après la sortie de son premier album, Pit Baccardi fait son grand retour avec un concert évènement qui s’est tenu le 25 septembre à l’Olympia. Nous avons saisi l’occasion pour interviewer cette légende du rap français, afin d’évoquer sa carrière, sa vision de la nouvelle scène du rap français ainsi que le développement des artistes africains, lui qui s’est établi à Abidjan.

Le rap américain comme premier amour

« Je suis fier de plusieurs accomplissements dans ma carrière. Chacun de mes albums, les compils Première Classe, ce que je fais désormais en Afrique. Chaque époque de ma carrière et de ma vie a eu sa particularité », se souvient le rappeur. Vingt-cinq ans de carrière, une trace indélébile et une source d’influence pour beaucoup, il va sans dire que Guillaume, de son vrai prénom, a de quoi être fier.

Le rap ? Il tombe dedans dès l’enfance grâce à son grand-frère. « Je dirais que ma première claque rapologique était Public Enemy avec Don’t believe the Hype. J’écoutais aussi F*ck the Police des N.W.A J’ai commencé à écouter le rap américain avant d’écouter du rap français », se remémore-t-il. Avant de poursuivre : « Mon frère était dans une école française au Cameroun. Quand ses amis revenaient de voyage, ils lui ramenaient toujours des cassettes vidéo ou des albums à écouter. C’est à travers lui que je découvre cette musique. »

« Sois-tu tues, soit tu ne reviens pas ! » 

Après une enfance marquée par les allers-retours entre la France et le Cameroun, Pit Baccardi perd tragiquement sa mère. De la deuxième union de son père naîtra son petit frère, un autre artiste majeur de la scène rap français, Dosseh : « Ce qui est drôle c’est qu’aujourd’hui je suis celui qui lui demande des conseils. Lui et moi avons l’intelligence de s’écouter et de suivre les conseils qu’on s’échange l’un et l’autre. »

Tous deux ont récemment collaboré pour la deuxième fois sur le titre Chiffres Romains en mai dernier. « Je suis venu d’Abidjan pour lui faire écouter ce que j’avais enregistré là-bas. La scène et le studio commençaient sérieusement à me manquer. Il n’était pas totalement convaincu par ce que je lui avais fait écouter », raconte-t-il.

« Il m’avait clairement fait comprendre que mon retour suscitait une grosse attente chez mes pairs. Il m’a dit “soit tu tues, soit tu ne reviens pas ! Ton nom te précède donc il ne faut pas que tu viennes avec quelque chose d’approximatif”. Je ne lui ai jamais demandé autre chose que de la franchise vis-à-vis de moi ».

Ce retour salutaire fait suite à une longue période d’absence, puisque son dernier album solo Le poids des maux remonte à 2002. Hormis quelques collaborations dont une apparition sur le morceau No Pasaran sorti l’an passé, le rappeur se fait discret sur la scène rap. Lui qui était pourtant considéré par ses pairs comme un lyriciste hors-pair, ayant réussi à marquer de son empreinte la scène rap français avec ses deux premiers albums Pit Baccardi et Ghetto Ambianceur dont sont issus Si loin de toi, Trafic d’influence, Ghetto Ambianceur ou encore A nous la victoire.

« Le poids des maux est le début de ma traversée du désert. L’album a eu moins d’impact que les deux premiers même si les ventes étaient satisfaisantes. Par la suite mon label me rend mon contrat donc les choses que je sors derrière sont très opaques », explique-t-il

L’Olympia : « Une immense fête avec pleins d’invités » 

Dès lors, le rappeur embrasse la carrière de producteur et retourne vers sa terre natale afin d’accompagner des artistes africains. « J’avais ressenti une volonté d’autonomie sur le plan business. Je voulais produire, manager et être derrière des artistes africains. Je voyais qu’en France je n’avais plus le même rayonnement, donc je voulais changer d’environnement plutôt que de rester ici à me faire les cheveux blancs en attendant que le succès revienne (rires). »  

Un choix judicieux, puisque les artistes africains occupent aujourd’hui une place prépondérante dans les charts. Un succès que Pit Baccardi avait vu venir depuis bien longtemps. « Je sentais la déferlante arrivée, je le voyais gros comme mon crâne ! (Rires). J’ignorais quel niveau ça allait atteindre. Quand on y pense, le Cameroun, la Côte d’Ivoire ou encore le Congo ont toujours été des ambassadeurs de la musique africaine. Tout n’est que recommencement et je sentais un nouveau cycle arriver. »

Pit Baccardi a délaissé un temps sa casquette de producteur pour passer de nouveau derrière le micro. Celui qui a célébré ses vingt-cinq ans de carrière le 25 septembre dernier, n’a pas chômé puisqu’il a sorti pas moins de quatre singles depuis le début d’année. De quoi ravir les fans : « J’ai envie de reprendre l’histoire là où je l’ai arrêté. J’ai fait en sorte que tous les artistes avec qui j’ai collaboré soient présents ! » lâche-t-il.

Félix Mubenga

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