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Le rap, c’est toute sa vie ou presque. À 42 ans, Dandyguel s’est construit une solide réputation auprès de sa communauté. Originaire du quartier les Érables à Viry-Châtillon (91), plus précisément de la résidence Gai Soleil, il prône l’expression d’un soi authentique. Dans ses textes, il évoque l’auto-détermination, le surpassement et le potentiel résidant en chacun d’entre nous.

Quand l’artiste propose un contenu sincère, avec ses valeurs, ça se sent

Dandyguel se veut fédérateur, il délivre un message inspirant et optimiste. « L’objectif avec ma musique est d’être honnête avec moi-même. Je veux transmettre le message d’assumer qui tu es. C’est intéressant que chacun raconte son histoire, car on va tous en apprendre quelque chose. Quand l’artiste propose un contenu sincère, avec ses valeurs, ça se sent », souligne Dandyguel.

Sans fioritures, Dandyguel raconte son histoire. Celle d’un banlieusard biberonné par la culture hip-hop qui a trouvé son bonheur dans l’écriture et l’éloquence. Miguel Xavir-Navilys, de son vrai nom, a fait le choix de s’en servir. « Le rap m’a permis de mieux m’exprimer, d’enrichir mon vocabulaire et de m’adresser à une foule. Cela m’a demandé beaucoup de travail et de la pédagogie envers moi-même. Une fois ce travail introspectif terminé, j’étais prêt à transmettre aux plus jeunes », retrace-t-il.

​​Son nom de scène est une inspiration du roman de Guy de Maupassant, Bel-ami. « J’ai été particulièrement marqué par le mot ‘dandy’, ça sonnait bien. J’y ai inclus mon prénom, Miguel », expliquait l’artiste à RFI en 2021.

Une rare polyvalence

Pour appréhender son discours, il faut remonter quelques années en arrière. Grâce à ses grandes sœurs, le jeune Dandyguel découvre le hip-hop et son énergie débordante dans les années 90. Le coup de foudre est immédiat. « Avant de devenir rappeur, j’étais avant tout un kiffeur et un suiveur assidu du courant. Je connaissais tout. J’ai commencé à pratiquer assez tard à 20 ans. Le rap n’était pas aussi démocratisé à cette époque. Le fait de rapper était plus dur à assumer. Avant, je faisais essentiellement des prods », confie-t-il.

Dès le départ, Dandygual prend un malin plaisir à jouer avec la langue française et à faire passer des messages par le biais du rap. Il met un point d’honneur à ne pas romancer la rue, car le « ghetto, ce n’est pas de l’entertainment » (du divertissement en anglais, ndlr). Durant des années, son quotidien est rythmé par des improvisations débridées et des freestyles.

Au-delà de gagner en assurance, il est rapidement rattrapé par un besoin grandissant : celui de partager ses connaissances au plus grand nombre. La transmission devient alors centrale dans sa vie d’artiste et comble un vide dans son cœur.

L’expression écrite ou orale est un paramètre déterminant pour le bien-être d’une personne

« J’ai toujours été porté par la transmission auprès des jeunes. À la base, je voulais être professeur des écoles. L’expression écrite ou orale est un paramètre déterminant pour le bien-être d’une personne. Quand tu maîtrises ce qu’il y a dans ton cerveau, c’est tout de suite plus simple. Dès que les enfants comprennent cet aspect, ils prennent du plaisir », glisse-t-il.

Une envie que Dandyguel met rapidement en œuvre avec des ateliers d’écriture et de lecture dans le milieu scolaire et carcéral. Son objectif est de permettre à tous d’être éveillé. Au fil des années, il développe une polyvalence unique. Cela lui permet d’être présent sur tous les fronts.

« Je ne suis pas devenu polyvalent par volonté. Tout s’est fait au fil du temps. Toutes mes activités sont liées. Ça n’a pas été évident de comprendre qui j’étais au départ. Je me considérais comme trop éparpillé. » Ainsi, Dandyguel devient champion de France de l’improvisation End of the Weak en 2012. Un trophée qui lui permet de représenter la France au championnat du monde à New York.

Quelques mois plus tard, Dandyguel publie le premier de ses quatre albums, Retour Authentik en février 2013, tout en présentant de nombreux événements pour des grandes marques (Juste debout, Nike Basketball, 3style Redbull DJ…). En 2018, il endosse un nouveau rôle : celui de maître de cérémonie de l’ambitieux Paris Basketball.

Un choix payant puisqu’il est encore aujourd’hui l’ambianceur de l’Adidas Arena, une salle construite pour les Jeux Olympiques de Paris qui profite au Paris Basketball. Dandyguel participe grandement à l’ascension du club dans l’élite française. Ses multiples casquettes ont un point commun : d’être tournées vers les autres. C’est simple, Dandyguel se nourrit des énergies collectives.

Un nouveau projet musical et une tournée originale

Le 3 mars dernier, Dandyguel réalise son grand retour dans la musique avec Chapitre 2 : Beaux et forts. C’est la suite de son précédent projet Chapitre 1 : L’histoire continue, publié deux ans auparavant. Pour faire vivre l’EP, Dandyguel mise sur une proposition originale : le Médiathèque Tour.

« Cette idée arrive après une longue réflexion. Je souhaite réaliser des concerts, mais je ne peux pas m’engager dans une tournée nationale, car je n’ai pas un public assez large. Je me suis alors demandé : dans quelles salles je peux proposer des shows à mon échelle et être payé ? Les médiathèques sont apparues comme LA solution. Je ne suis pas Ninho à remplir des Zéniths. Il faut être clair avec soi. Quand tu comprends tout ça, tu peux en vivre et tu avances », livre-t-il.

L’ambition de cette tournée atypique est de montrer que la médiathèque peut être un lieu aussi attractif et accessible qu’un terrain de sport ou une salle de danse. La médiathèque doit être un espace ouvert à tous et à toutes. Au programme : ateliers d’écriture et de dessin, jeux avec les mots et les images, concert et partage d’expériences. L’entrée est gratuite.

L’objectif est de dire que lire et écrire, ce n’est pas qu’à l’école

« Les médiathèques regorgent de ressources et sont de véritables espaces de création et d’échange. L’objectif est de dire que lire et écrire, ce n’est pas qu’à l’école. Dans mon quartier, il y a un rapport fonctionnel à ces pratiques. C’est par plaisir que tu développes les choses. Quand tu aimes une activité, tu deviens bon. »

Depuis le lancement du projet, Dandyguel parcourt les différentes infrastructures d’Île-de-France, mais aussi celles du pays. Un échauffement nécessaire, avant un concert à la Boule Noire de Paris le 4 mai prochain.

La célébration du projet Chapitre 2 : Beaux et forts ne s’arrête pas là. En effet, Dandyguel organise le 12 avril une journée événement dans l’ancien magasin Tati à Barbès, rebaptisé « l’union de la jeunesse internationale ». Il y aura en autres un atelier d’écriture avec des jeunes de Grigny afin de mettre en avant la persévérance scolaire et la créativité, de la musique live, un talk sur le sport de haut-niveau et un open mic. Le lieu a été récemment repris par Youssouf Fofana (créateur de la marque Maison Château Rouge).

De nombreux guests sont annoncés : Kevin Seraphin (ancien joueur de NBA et de Équipe de France), Rose (streetballer et créateur de contenus), ⁠Ramatou Diallo (MC Paris Basket-ball et présidente de l’association PBA), ⁠Busta Flex (rappeur), ⁠Le Julice (rappeuse) et Benjamin Epps (rappeur). « Il s’agit d’un véritable moment d’éveil et d’expression, mêlant musique, sport et engagement. L’événement regroupe toutes mes casquettes avec le sport, la musique, le show et la transmission », conclut-il. Comme toujours, Dandyguel aura à cœur de guider la jeunesse.

Curtis Macé

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