Ce vendredi 2 novembre après l’école, l’ambiance est calme et studieuse à la médiathèque du centre-ville de Saint-Denis. Comme toutes les semaines, plusieurs bénévoles de l’association Artis Multimédia se retrouvent entre 16h30 et 17h30 pour offrir un soutien scolaire gratuit, sous forme d’aide aux devoirs, à des élèves entre 7 et 12 ans. Les trois bénévoles, Jeanne, Mireille et Claire s’occupent aujourd’hui de onze enfants, répartis à quatre tables. Si besoin, Mireille s’occupe des élèves individuellement, sur une table plus éloignée.

Un soutien scolaire gratuit ou accessible

Dans le calme, les élèves font leurs devoirs, en s’aidant parfois les uns les autres et en réfléchissant collectivement, sous le regard attentif des bénévoles, qui se déplacent de table en table. Quand certains devoirs demandent plus de temps et d’explications, les bénévoles s’attardent à une table ou s’occupent de plusieurs sujets en même temps.

Au programme aujourd’hui : les propriétés d’une droite, des leçons de français et une révision du verbe être en espagnol. Lorsqu’un élève ne comprend pas bien, compte tenu du temps limité, les bénévoles fournissent des pistes d’apprentissage et des moyens mnémotechniques pour se souvenir des notions qui posent des difficultés.

Bénévoles à la médiathèque de Saint-Denis

C’est une toute autre ambiance à la bibliothèque André Malraux des Lilas, où des élèves de troisième se retrouvent le troisième samedi du mois pour revoir gratuitement leurs leçons et les grandes étapes du programme scolaire. Ici, c’est dans une salle classique de la bibliothèque que se fait le soutien scolaire, ce qui ne manque pas d’agacer certains visiteurs de la bibliothèque, au point que certains s’en vont.

Néanmoins, les élèves poursuivent leur travail, aujourd’hui : un exercice de réécriture du brevet des collèges. Ils interagissent beaucoup plus entre eux, s’entraident et se font la leçon. La séance est pilotée par Arnaud Czarnobroda, spécialiste des matières scientifiques qui habituellement travaille dans la protection sociale. Il est généralement accompagné de deux autres bénévoles spécialisés dans d’autres domaines.

Ici aussi, plusieurs matières sont abordées, aussi bien des maths que du français, et même une synthèse des deux : l’orthographe dans les mathématiques. “Si tu n’écris pas bien un nom de théorème, tu te fais saquer !” lance un élève. “Tu as encore un peu de temps pour réviser,” répond M. Czarnobroda en riant.

Réduire les inégalités

Pour M. Czarnobroda, la situation en petit groupe est un plus, tout comme le choix du lieu : “la bibliothèque est un endroit neutre où il n’y a pas les mêmes dynamiques qu’au collège : on ne retrouve pas la dynamique de supériorité que l’on aurait dans un rapport professeur-élève, voire la dynamique de groupe avec d’autres élèves.” Dans la ville, le soutien scolaire est un luxe que beaucoup de familles ne peuvent se payer. Cela se ressent beaucoup dans la scolarité des élèves : “Les élèves de familles favorisées auront tendance à être déplacés vers les établissement qui ne sont pas de secteur – ou qui sont privés – afin de bénéficier de meilleurs professeurs, de meilleurs cours et de fait de meilleurs résultats. Cela se voit d’ailleurs sur les résultats, qui sont faibles au brevet en particulier sur le collège de secteur [le collège Marie Curie ndr].”

La mixité sociale est finalement assez peu au rendez-vous ici. Toutefois, le soutien scolaire mené soit par des associations de bénévoles, soit par le Secours populaire, porte ses fruits : ceux qui sont venus au soutien scolaire l’année dernière ont eu le brevet, “et ce n’était pas gagné d’avance,” se souvient M. Czarnobroda.

Au fur et à mesure de l’année, les rangs grossissent. Ce soutien scolaire s’adresse surtout aux collégiens et aux lycéens, mais d’autres, pilotés par le Secours populaire et le centre jeunesse de la ville des Lilas, s’adressent à plus de niveaux. Le Secours Populaire s’occupe de tous les niveaux de la sixième à la terminale, tandis que le Centre Jeunesse se focalise sur le collège.

Dans la ville de Tremblay-en-France, ce n’est pas la médiathèque qui s’occupe du soutien scolaire, mais les différentes maisons de quartier du Vieux Pays, du Vert Galant, et le centre Louise Michel. Tous les soirs, ils organisent une aide aux devoirs du CP à la troisième, directement après les cours, pour un tarif de 5,90€ l’année.  En 2017, environ 350 jeunes ont bénéficié de ce service sur les trois sites de la ville. Cette année, rien qu’en novembre, la maison de quartier du Vert Galant comptait une quarantaine de jeunes, un nombre qui pourrait augmenter jusqu’à mars.

Bruno Franchitto, responsable du service, explique que la fréquentation va crescendo. “Il y a une baisse en fin d’année, mais cela monte surtout entre décembre et janvier,” soit entre la sortie des bulletins du premier et deuxième trimestre. Ici, les animateurs sont embauchés par la ville, et ne viennent généralement que pour ça. « Il s’agit généralement d’étudiants, on demande le niveau bac mais il y a des bac+2 généralement”. Pour les lycéens, l’office municipale de la jeunesse de Tremblay en France a mis en place un dispositif “Prépa Bac”, qui accompagne les étudiants au centre culturel Angela Davis. Une initiative dans la continuité de l’aide aux devoirs pour donner aux jeunes de meilleures chances de réussite.

Paloma VALLECILLO

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