La fête de l’Humanité, c’est « la meilleure fête de toutes les fêtes », comme dirait Raphaëlle. Cette jeune étudiante est venue tout droit de Meudon avec ses amies pour assister vendredi au concert d’Aya Nakamura sur la Grande scène, située à l’extrémité du parc Georges-Valbon, à la Courneuve. Pour écouter la prestation de l’interprète de Djadja, mieux valait s’organiser en amont. La fermeture de plusieurs stations de métro, conséquence de la grève des syndicalistes de la RATP qui veulent défendre leur régime spécial de retraite, n’a pas refroidi pour autant les motivations de certains. Participer aux trois jours de festivités avec des artistes de renom n’est pas négociable. Et ça, un régulateur de flux de la RATP l’a bien compris. « Avancez, le concert va bientôt commencer. Vous allez danser avec Aya sur Djadja », lance-t-il avec sourire aux nombreux usagers présents à la station de Dugny – La Courneuve, sur le Tram Express 11.

Après un petit quart d’heure de marche, les fêtards arrivent à destination. Le temps d’être fouillé par des agents de sécurité et on se retrouve empoigné d’un bracelet jaune. Nécessaire si l’on veut revenir les deux jours suivants. Direction la grande scène pour écouter celle que Raphaëlle et ses amies considèrent comme leur idole : « On n’est là que pour Aya, c’est tout. Pour personne d’autre. Ma chanson préférée, c’est Faya ».

« Ferme la porte, y a la pookie dans l’sas… »

Romain, l’ouvrier de Marseille, a kiffé

Le lieu du rendez-vous se remplit progressivement. Le public attend sa star. L’impatience se fait sentir. Les fans commencent à crier le prénom de la chanteuse quand celle-ci arrive sur scène, micro à la main, à la rencontre de son auditoire. Le charisme tant remarqué d’Aya Nakamura fait effet, auprès des plus jeunes, lycéennes et étudiantes venues si nombreuses ce vendredi. Même les personnes plus âgées ne sont pas insensibles à l’engouement provoqué par l’artiste. Jean-Marie, la cinquantaine, est un habitué de l’Huma. Ce fonctionnaire de Châtillon a dû passer quasiment toute l’après-midi dans les transports en commun pour participer, lui aussi, à la communion. « J’ai été attiré par le programme musical de cette édition, très éclectique, glisse-t-il. Je ne connais pas très bien Aya Nakamura. Je l’ai déjà vu sur des vidéos mais jamais en vrai. Je vais voir ce que ça donne ». Tout devant, il profite sagement tandis que d’autres comme Raphaëlle se lâchent sans gêne. La foule reprend en cœur les paroles de Mes Copines, La Dot ou Comportement.

Aya a fait le show pendant près d’une heure

Le moment tant attendu intervient à la fin du show, qui aura duré près de trois quarts d’heure. Sans surprise, le public entonne directement le refrain de la chanson Djadja avant d’enchaîner avec les couplets. Le spectacle aura tenu ses promesses et ce n’est pas Romain qui dira le contraire. Chauve, vêtu d’une salopette bleue, cet ouvrier de Marseille fana de l’Huma s’est livré au pas de danse avec ses amis. « J’ai adoré le show, s’enflamme-t-il. Ma fille de 7 ans est une grande fan d’Aya. Je lui ai montré une petite vidéo du concert que j’ai faite sur Facebook. Elle a vraiment kiffé. » La soirée n’est cependant pas terminée pour Romain, qui compte profiter à fond de l’ambiance générale : « On va essayer de voir le plus de concerts possibles. Grâce à la fête de l’Humanité, on peut se régaler en chansons mais aussi faire des rencontres intéressantes. C’est ça qui est beau ».

Avec plus de 350 millions de vues sur Youtube, dont 160 millions pour le seul Djadja, Aya Nakumara s’est imposée comme l’une des têtes d’affiches de la nouvelle scène française. Sa participation à la fête de l’Humanité n’aura fait que confirmer sa popularité notamment auprès des jeunes de 18-24 ans. Un style unique qui n’aura laissé personne indifférent sur le campus de la Courneuve.

Fleury VUADIAMBO

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