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Une nuée de questions qui tombent au lendemain du premier tour des élections régionales…

À quoi bon « résister » si on connait la fin ? À quoi bon ce texte, qui trouvera sûrement ses lecteurs, et qu’on oubliera comme tous les autres ? À quoi bon ces lendemains sans horizon ? À quoi bon les mots quand on n’a plus rien à dire ? À quoi bon les explications ? Les statistiques ? À quoi bon les ennemis quand on sait que tout le monde a perdu ? À quoi bon être « républicain » ? À quoi bon être « fier d’être Français » ? À quoi bon ce pays qui creuse sa tombe sous nos yeux ? À quoi bon être « Charlie » ou « Bataclan » ? À quoi bon être comme les autres quand on ne sait plus qui on est ?

À quoi bon les tweets ? À quoi bon les statuts Facebook qui s’éternisent ? À quoi bon l’humour, un soir d’hiver ? À quoi bon les rires ou les larmes, quelles que soient les opinions, quand on sait qu’elles ne valent plus rien ? À quoi bon les emportements massifs ? Les coups de gueule ? Les coeurs en miettes ? À quoi bon nos réactions ? Et à quoi bon les réactions de tout un chacun ? À quoi bon les idées, les petites guerres et les grands débats ? À quoi bon le tous ensemble quand le chacun pour sa gueule s’affirme ?

À quoi bon ce PS honteux ? À quoi bon ce FN facho qui répand les flammes de haine et qui embrasent les pauvres esprits ? À quoi bon cette gauche cassée ? À quoi bon cette droite défaite, nulle, noyée ? À quoi bon choisir entre Bartolone et Pecresse ? À quoi bon ces jeunes déchainés qui votent FN ? Oui, à quoi bon ces 18-24 ans qui plongent dans les eaux crasseuses ? Et à quoi bon ces jeunes qui ne votent pas ? Et tous les autres qui n’iront plus. Et tous ceux qui n’ont jamais été. Et puis c’est vrai, au bout d’un moment, à quoi bon voter ?

À quoi bon ces unes de journaux qui s’offusquent d’un choc ? À quoi bon ces journalistes outrés alors qu’ils alimentaient les cerveaux en promettant que le FN a « un discours de vérité » et qu’il est « le premier parti de France » ? À quoi bon toutes ces vagues marines bien avant qu’elles ne déferlent vraiment ? À quoi bon l’Express, le Point, Marianne qui ont préparé le terrain comme personne d’autre ? À quoi bon Cyril Hanouna. Franchement, à rien. À quoi bon vos petites colères quand les jeux sont faits ? À quoi bon se demander ce qu’il faut faire quand on sait qu’il n’y a plus à rien faire ? À quoi bon se battre quand on a envie d’arracher les cœurs sales à la pelleteuse ? À quoi bon entrer dans ce jeu ? À quoi bon se défendre quand on sait c’est perdu d’avance ? À quoi bon dire que l’islam n’est pas le problème ? Que les musulmans ne sont… Que les jeunes de banlieue ne sont pas…

Nos disques sont rayés. Mais demain, peut-être trouverons-nous des réponses.

Mehdi Meklat et Badroudine Said Abdallah

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