« Quand est ce qu’on est arrivé déjà ? – Vous êtes là depuis hier », me répond un des gamins du camping avec qui je joue au ping-pong, le temps que mes enfants terminent leur goûter. J’ai pourtant l’impression que ça fait une semaine. Nos deux premières journées ont été si remplies qu’on est perdus dans le temps. Ce matin (mardi, ndlr), c’était levé à 8h30 et rendez-vous au café de la place pour déjeuner. Idriss et Abdel qui ont choisi de dormir dans le loft de Pierre Murcia pour écouter de la musique et être plus libres le soir nous ont rejoints.

La journée a commencé par une matinée de sport pour Abdel et Tarek pendant qu’Idriss écrivait son article de l’épisode 4. Après le déjeuner, les jeunes se sont glissés dans l’équipe du festival de théâtre des  Paysages nocturnes et ont assisté aux répétitions tout l’après-midi. C’était une première pour eux. Quel paradoxe ! C’est à la campagne qu’on découvre la culture des « planches » alors qu’on aurait pu penser tomber sur des tracteurs uniquement… Nous sommes venus à la rencontre des ruraux, et c’est eux qui nous ouvrent au théâtre, qui l’eu cru ? A la ville, la majorité des jeunes des quartiers côtoient, eux, la culture de rue (tags, danse, sport, courses poursuites…)

A la fin de l’après-midi, c’est quartier libre pour tout le monde. Je viens de croiser Idriss sur la place du village qui papotait sur un banc avec deux dames âgées. Puis à ce qu’on m’a dit, il serait parti avec Tarek pour rejoindre une jeune fille qui faisait du cheval sur la route. Ils se seraient donné rendez-vous au portail à droite en bas dans le champ. Abdel est parti faire sa sieste (c’est son heure).

Ils ont un programme chargé pour ce soir (mardi, ndlr) : dîner à 20 heures, débriefing sur la journée avec moi, puis concert de violon vers 23 heures dans le village. Sinon, jusqu’ici tout va bien. Aucun vol n’a été signalé, aucun feu de voiture, ni caillassage non plus. Ouf ! Je respire, mais je reste vigilante tout en sachant qu’au village les nouvelles iraient vite. Sait-on jamais avec les bruits qui courent sur les jeunes. Je le sais, je les ai lus (les bruits) dans les commentaires sur le Bondy blog.

Nadia Méhouri

Idriss :  « J’ai fait un peu de théâtre, donc ça m’intéresse »


La Villette et les Paysages Nocturnes du Grand Pressigny
envoyé par Bondy_Blog
 

Abdel : « J’aimerais bien faire de la création d’événementiel »


 
Abdel le DJ et José Manuel le metteur en scène
envoyé par Bondy_Blog

Vidéos réalisées par Pierre Murcia

Pour retrouver les précédents épisodes, cliquez Le Bondy Blog au Grand Pressigny dans la colonne de droite « LES DOSSIERS ».

Nadia Méhouri

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