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Ils veulent changer l’image de la Seine-Saint-Denis (93). Un département dans lequel ils ont grandi mais qui leur colle une étiquette négative à la peau lorsqu’il s’agit de chercher du travail, un stage, un logement.

Le mouvement « appel du 93 » existe depuis deux ans. Créé par le Conseil Général de Seine-Saint-Denis suite à la demande des collégiens et le reste de la population de Seine St Denis qui veulent faire changer les regards sur ce département. Ils se voient déjà condamnés parce qu’ils habitent le 93. Le Conseil Général décide de réunir 93 personnalités du monde sportif et associatif, des entrepreneurs, des artistes, des militants pour mettre en avant la dynamique de solidarité et de fraternité qui existe dans le département. La parole est donnée aux jeunes qui témoignent « le 93, ce n’est pas que des voitures qui brûlent, il y a des monuments, des bibliothèques, des événements sportifs, des activités artistiques… »

Ndembo Boueya, 19 ans, étudiante à Paris en deuxième année d’anglais : « j’ai connu l’appel du 93 par le magazine de Seine-Saint-Denis, au début j’ai cru que c’était les 93 personnalités qui s’adressaient aux jeunes du département, je ne savais pas que l’on pouvait y adhérer. Je n’avais pas vraiment compris le concept. Quelques temps plus tard je me suis inscrite en tant que journaliste à l’atelier de journalisme de Bobigny qui a ouvert ses portes en 2006. On a décidé de faire un article sur le mouvement de l’appel ».

Sandrine Bordet, coordinatrice du mouvement, a proposé à Ndembo Boueya de faire l’interview de 10 à 15 jeunes pour une nouvelle campagne de communication destinée aux jeunes : « je ne suis pas que la petite journaliste mais je me sens aussi concernée par cette image. Dans mon université, il y a des jeunes qui n’ont jamais mis les pieds en banlieue et qui restent sur les images qu’ils voient à la télévision. Parfois, ils me demandent de leur raconter ce qui se passe à Bobigny, au sujet des agressions, des braquages ! Je trouve cela désespérant que les gens se focalisent sur ce qu’ils voient aux infos. J’espère que d’autres jeunes viendront nous rejoindre pour que nous fassions avancer les choses dans notre département car cela nous met des bâtons dans les roues ».

L’appel du 93 a déjà rassemblé 2300 signatures. Une nouvelle Assemblé Générale organisée par le Conseil Général de Seine-Saint-Denis est prévue le 5 avril.

Essi Gnaglom

Essi Gnaglom

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