J’y ai réfléchi longtemps, peut-être un peu trop longtemps, mais enfin je me suis décidé. J’y suis. A Bondy. Une ville dont je ne connaissais même pas l’existence avant l’embrasement des banlieues parisiennes. Un peu angoissé, mais qu’importe: l’angoisse est l’état naturel du journaliste que je suis depuis plus de trente ans. Et puis, voilà Mohammed et quelques autres, ceux qui peuplent ce feuilleton dont j’ai lu la plupart des épisodes sur le blog. Encore plus sympas que ce qu’on m’avait dit.

Je me sens tout de suite beaucoup mieux. D’abord, tenter de s’y retrouver dans cette ville. Les amis assurent le service de renseignements. La chambre où je loge sert d’une certaine manière de base d’attaque et offre toujours une possibilité de repli stratégique. Moyens de communication: les voitures de tous ceux qui veulent bien vous prendre à leur bord, la marche à pieds. Intendance: les bistrots, surtout la pizzeria « Chez Sam » qu’aimablement on vous désigne. Je sens que peu à peu la ville va me coller à la peau, que l’endroit où je travaille et je dors  commence déjà à se comporter en véritable maison. Et moi, en habitant.

Par Pierre-André Stauffer

 

Pierre-André Stauffer

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