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Contrairement à Sébastien, Sadjo, 26 ans, aime sortir à Paris. Pratiquement tous les vendredi, il « part dans un mouvement au Roxy’s  » avec Yacouba, informaticien, et Alex, assistant d’éducation. Dans ce bar, Stickee, un de leurs amis « du coin », s’occupe du « soundsystem ». En résumé, il passe des disques et il chante. Reggæ, ragga, une pointe de rap et la boîte prend feu. Dans le bon sens du terme.

Pour y arriver, nous devons cependant prendre le RER et deux métros. « Faut pas être pressé, dit Yacouba. Moi je vois ça comme l’échauffement du sportif. On décompresse avant la course. » Dans le wagon, on rigole bien, en effet, en se rappelant les aventures de vendredi dernier. La bande a fini à la cité universitaire, dans une soirée étudiant.

Au Roxy’s, comme prévu, l’ambiance est chaude. Ici, c’est la banlieue qui va bien, bien dans sa tête. Black, blanc, beurre, sans tension et le sourire aux lèvres. Le punch coule à flots, les filles dansent sans être agressées et le public porte le patron en triomphe. On se croirait presque à Verbier. Sauf que tout est bon marché. « Au Roxy’s, je me détend de la banlieue. Ici, je suis neutre », me dit Sadjo. Tous sont d’accord, ce sera le meilleur endroit pour passer nouvel an dans quelques semaines.

« Le vendredi, c’est relax, on se libère la tête avec du reggæ et on va dans des endroits qui ont un bon esprit, raconte Sadjo. » Parfois le samedi, ils décident de s’éclater dans des boîtes plus « branchées », comme le Duplex. Mais là, il faut s’habiller chic et trouver des billets en « prévente ». « Quand ils ne laissent pas rentrer, il ne faut pas s’énerver, dit Yacouba. En expliquant au videur qu’on ne cherche pas les problèmes, ça marche. »

Quand le Roxy’s ferme, toute la bande reste bien une demi-heure devant le bar à blaguer. Puis nous prenons un taxi qui nous emmène dans un endroit similaire, dans le quartier de la Villette. Dans le taxi, nous multiplions les autoportraits. Quand cette boîte-là fermera, vers cinq heures, on marchera pas mal, on « grecquera » (manger un Kebab) et on prendra les premiers « transports » (RER) pour se coucher à 7 heures du mat, étourdis par le punch et les bass. « Tu voix Paul, me dit Sadjo, on fait ce qu’on peux. Pour s’amuser, il suffit de vouloir. Les gens des cités ne sont pas bêtes. Il faut trouver ceux qui veulent avancer. Et ceux qui ne veulent pas, faut pas traîner avec eux. »

 

Par Paul Ackermann

Paul Ackermann –

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