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Pascal s’est fait baptisé pour la première fois dans la nuit de Pâques. Il a 21 ans, prépare les concours des écoles d’infirmière et a décidé de devenir catholique, « il n’y a pas d’explication logique, c’est la foi ». Cet étudiant qui a suivi sa scolarité au lycée Saint-Vincent de Paul pour la qualité de l’enseignement n’a pas reçu une éducation religieuse au sein de sa famille. Il explique ce besoin de spiritualité par des évènements rencontrés qu’il a eu du mal à surmonter seul. « Au quotidien, la foi m’apporte de la force, je me sens mieux pour affronter la vie. Aujourd’hui, je vois ce baptême comme un nouveau départ », confie-t-il avec joie.

C’est à l’issue d’une longue réflexion et d’un cheminement d’environ deux ans que ces jeunes entrent dans la communauté chrétienne.  Cette période appelée catéchuménat permet aux futurs membres de la communauté chrétienne de lire les textes, d’échanger et de participer à la vie  de la paroisse, de réfléchir à  leur cheminement personnel.

105 baptêmes d’adultes à Marseille

Pascal n’est pas un cas isolé. Les jeunes marseillais et les jeunes français de manière générale se tournent de plus en plus vers la religion catholique. Si le nombre de baptisés n’augmente pas par rapport à l’année dernière, environ 3 000, celui des jeunes adultes bondit. Une évolution très nette selon le diocèse de Marseille, confirmée par la Conférence des évêques de France. Deux tiers des nouveaux baptisés sont âgés de 18 à 35 ans et le nombre des 18-20 ans augmente de 35%. Le diacre, Philippe Chollat constate avec plaisir que le nombre de baptêmes d’adultes a doublé depuis son arrivée dans le diocèse, il y a dix ans.

A Marseille, ce sont 105 personnes qui se sont présentées dans les différentes églises pour communier samedi. Ces jeunes sont des étudiants ou de jeunes travailleurs qui se tournent vers la religion suite à des évènements bouleversants (décès, difficultés personnelles) ou par choix pour l’avenir (mariage, volonté de faire baptiser ses enfants). « La société d’aujourd’hui ne fait plus baptiser systématiquement ses bébés. La démarche vers la religion est plus tardive mais aussi plus vraie, plus authentique » explique le diacre. Le diocèse assure aussi qu’un petit nombre de jeunes musulmans se tournent vers le catholicisme.

Une démarche spontanée

Pas besoin de démarcher la jeunesse donc. Le père Brunet explique qu’il se charge seulement de la coordination entre les jeunes catholiques à Marseille : « mon rôle est simplement de les accompagner et de soutenir leurs initiatives ». Des groupes se créent spontanément dans les écoles, dans les universités. Une aumônerie a été instituée à l’Ecole Centrale par exemple.  A la Faculté des Sciences et Techniques de Saint-Jérôme une quarantaine d’étudiants se réunit de manière hebdomadaire. Un mouvement dynamique s’est aussi formé à la Faculté de Médecine de la Timone. Ces futurs médecins et professionnels de la santé, ressentent pour certains le besoin de parler spirituellement des questions d’éthique.

Tous ces jeunes adultes qui se réunissent pour discuter ne sont pas tous des pratiquants, ne sont pas tous baptisés mais tous partagent des valeurs communes. Des valeurs qui ne sont pas propres à la religion. Le diacre Chollat se réjouit, « finalement ils défendent des valeurs qui sont aussi celles de la République, la liberté, l’égalité, la fraternité… »

Charlotte Cosset

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