Bonjour, je vous appelle de la part d’une habitante de la cité X. Elle a assisté par sa fenêtre au déroulement du fait divers dont les télévisions ont parlé hier et ce matin. Elle peut reconnaître les auteurs.

– Eh bien pourquoi ne nous a-t-elle pas parlé lorsque nous sommes passés ce matin pour une enquête de voisinage ?

– Elle a 78 ans, vit seule et craint les représailles. Comme tous les autres habitants de cet immeuble, elle a déjà subi des actes d’intimidation depuis quelques mois : forçage de sa boîte aux lettres, graffitis sur sa porte, coups à sa porte en pleine nuit, menaces lorsqu’elle sort faire ses courses… Mais elle est prête à témoigner si vous lui garantissez l’anonymat.

– Ah je suis désolé, c’est impossible, si elle n’est pas victime directe, nous ne pouvons lui assurer ni protection ni anonymat.

Alors cette dame ne parlera pas.

Questions d’ambiance

Comment sait-on où habite le « caïd » d’un quartier ?

Sa cage d’escaliers, voire son immeuble, est la plus calme et la plus propre.

Comment reconnaît-on des policiers en civil dans une cité ?

Deux ou trois personnes de type européen, cheveux très courts dans une petite voiture de marque française.

Pourquoi les voitures banalisées ne restent jamais bien longtemps dans les mêmes endroits ?

Le métier de policiers est de surveiller et d’arrêter les délinquants. Le métier de délinquant, c’est de surveiller les policiers…

Pourquoi les voitures brûlent-elles parfois dans certains quartiers ?

L’explication la plus souvent retenue est que le feu efface les empreintes. On peut aussi envisager l’hypothèse où la voiture brûlée monopolise l’attention de tous, pouvoirs publics comme habitants, surtout si on en profite pour faire autre chose. Comme « monter la pression » en caillassant les pompiers et les policiers, entre-autres.

Ariane

Ariane

Articles liés

  • Des jeunes surendettés à cause des amendes du couvre-feu dans les quartiers

    Des familles entières se retrouvent endettées à cause de salves de contraventions liées aux mesures sanitaires. Des associations dénoncent un « phénomène d’ampleur grandissante » et « une application disproportionnée et discriminatoire des mesures ». Une enquête en partenariat avec Mediapart.

    Par Anissa Rami
    Le 26/07/2021
  • La cantine des femmes battantes : solidarité féminine, ambition et cuisine

    #BestOfBB Lancée en fin 2019, l’association dionysienne La cantine des femmes battantes vise l’émancipation des femmes précaires grâce à la cuisine. Tous les weekends, Aminata, Mariame, Maïté et Fatou se réunissent pour cuisiner, vendre et livrer une cinquantaine de plats à Paris et en Seine Saint Denis. Issues de parcours compliqués, ces cuisinières ont décidé de monter l’association dont elles avaient besoin, afin d’aider, par la suite, les femmes qui leur ressemblent. Reportage.

    Par Sylsphée Bertili
    Le 26/07/2021
  • Le blues des petites mains du monde de la nuit

    Après 16 mois de fermeture administrative, les discothèques ont rouvert leurs portes le 9 juillet dernier. Mais alors que l’épidémie repart, l'étau se ressert déjà pour bon nombre de professionnels partagés entre la colère des derniers mois sans activité, et le doute concernant le futur. Nous avons rencontré quelques petites mains du milieu, qui racontent la précarité des derniers mois.

    Par Lucas Dru
    Le 22/07/2021