C’est fait. Après la défaite contre l’Ukraine au match aller vendredi dernier, l’équipe de France a su s’imposer  en match retour 3 à 0, assurant son billet pour le Brésil en juin 2014.

Objectif Brésil atteint

Blaise Matuidi sautant dans les bras de Mamadou Sakho, LE grand homme de ce barrage, les Bleus portant en triomphe Didier Deschamps et Karim Benzema hurlant de joie au coup de sifflet final, qui l’aurait cru il y a quatre jours ! Pas moi en tout cas. Car il faut l’avouer et être honnête, autant dans la victoire que dans la défaite. Ceux qui criaient au scandale en Ukraine sont les mêmes qui s’extasient de l’osmose collective retrouvée aujourd’hui. Ainsi va le football français.

Malgré les vieux démons français toujours apparents : l’hymne de l’adversaire sifflé, un Karim Benzema qui vendange des occasions et un Ribéry bien trop individualiste, les Bleus ont réussi leur objectif : aller au Brésil. Je parle bien d’objectif et pas de miracle ou d’exploit, parce que soyons clairs, l’Ukraine est un adversaire abordable et encore plus avec deux défenseurs titulaires suspendus et réduite à 10 pour une mi-temps.

Alors oui, nous sommes au Brésil mais pour y faire quoi ? Ça, on le saura en juin prochain et même dès décembre avec le tirage au sort des groupes qui pourrait nous offrir des beaux poissons et déjà fortement compromettre nos chances d’aller plus haut. Le Brésil est là, espérons qu’il sera en compagnie du bel esprit collectif et de la hargne de ce soir et que les joueurs nous feront oublier les vieux démons de 2010. Si on aime les critiquer quand ils sont mauvais, ne boudons pas notre plaisir. Messieurs je vous dit bravo, et à dans six mois pour des matches de battants comme vous nous avez prouvé que vous étiez capables de faire !

Jonathan Sollier

 Le coq français bouffe le canari ukrainien

La ferveur nationale donne des ailes autant que le Red Bull. Tout la France est derrière les Bleus pour éviter le lessivage définitif. L’arrivée de Varane et de Sakho donne un souffle rassurant à la défense qui permet d’orienter plus vers l’avant. Au milieu de terrain, on garde des joueurs qui sont restés sur des bonnes notes, Pogba, Matuidi, avec en sus Cabaye dans l’axe. Les combats sont menés avec plus d’engagement ! Ribéry est sur toutes les actions offensives, bien qu’il se batte comme un lion, les Ukrainiens le ceinturent à la culotte. Au match aller, les joueurs étaient sur le carreau, au retour ça pique et cela fait mouche notamment avec Sakho (22′) puis Benzema (33′). Ce soupçon d’espoir donne envie d’y croire. La mi-temps se passe avec plus de perspective mais pas encore avec assez de décontraction. Le match repart avec de l’engagement côté ukrainien,immédiatement sanctionné par un carton rouge pour Kacheridi à la 47e minute.

La rencontre se déroule donc à 11 contre 10 à l’avantage des Français mais le rythme semble moins soutenu. Les Bleus veulent à tout prix assurer leur qualification et manquent de lucidité devant le camp adverse. Faudrait-il un second rouge pour débloquer la situation ? La tendance s’inverse et les fautes sont commises par les Français. Sakho à la 72e minute soulage l’équipe d’une façon un peu inattendue. Un défenseur marque deux buts, ce n’est pas sans rappeler France / Croatie avec les buts de Thuram. La foule est en délire, on entend des : « allez les Bleus, et 1 et 2 et 3 zéro», et même La Marseillaise  Que dire de plus ? Allez les Bleus !

Lansala Delcielo

« La magie du foot »

« La France n’est plus ce qu’elle était ». Elle a prouvé ce soir que c’était faux. L’équipe de France, ayant perdue 2-0 à l’aller contre l’Ukraine, a prouvé qu’elle était l’une des grandes nations du football en s’imposant 3-0 au Stade de France. Tout semblait perdu dès le début du match. Tout le monde voyait déjà la France éliminée et les journalistes préparaient déjà leurs critiques sur cette équipe et sur leur entraîneur, Didier Deschamps. Mais comme ce dernier l’a si bien dit après le match : « C’est la magie du foot […] C’est très important pour le football français d’être au Brésil ». « La magie du foot » : c’est bien ce qu’on a eu ce soir.

En effet, l’équipe de France, précise dans ses récupérations, habile dans ses contre-attaques, et adroite devant le but, a fait taire toutes les critiques à son égard. Un premier but de Sakho a sonné la révolte, Benzema a ensuite confirmé, et un but assez chanceux a finalement décidé du sort de l’équipe de France. Cette équipe, possédant des joueurs évoluant au plus haut niveau dans les plus grands clubs d’Europe (Real Madrid, Manchester City, Juventus de Turin…), a fini par prouver qu’on pouvait lui faire confiance. Une confiance qui ne sera sûrement pas totale au vu de cette qualification ardue, mais une confiance acquise auprès du public. L’équipe de France a prouvé ce soir qu’elle était l’une des grandes nations du football, et ce n’est sûrement pas la danse de joie de Sakho et Matuidi après le match qui dira le contraire. Revenir après un 2-0 à l’aller était impensable. L’équipe de France l’a fait. Tout ce que l’on peut souhaiter est un magnifique parcours en coupe du monde pour cette équipe, et que cette dernière continue de nous faire rêver comme elle a si bien su le faire ce soir.

Dalal Jaïdi

Articles liés

  • Langue(s) et origine(s) : « l’arabe et moi »

    Pourquoi en France un certain nombre de parents n'ont pas ou peu transmis leur langue maternelle à leurs enfants ? Pour tenter de répondre à cette question, nos blogueuses et nos blogueurs explorent leur histoire familiale. Ramdan nous parle, ici, de son rapport à l’arabe.

    Par Ramdan Bezine
    Le 02/06/2023
  • Ahmed : de prisonnier au Soudan à bénévole auprès des plus démunis à Paris

    Les sept vies d’Ahmed. On peut résumer ainsi le parcours semé d’embuches de ce réfugié soudanais en France depuis plusieurs années. Aujourd’hui, il emploie une grande partie de son temps libre à aider les autres. Portrait d’un bénévole militant.

    Par Christiane Oyewo
    Le 01/06/2023
  • Jeux Olympiques, Grand Paris : sur les chantiers, « les profits avant les vies »

    Précarité du travail, négligence de la formation, recours massif à une main d’œuvre sous-traitante ou intérimaire… Sur les chantiers du Grand Paris et des Jeux Olympiques, l’organisation du travail met en danger les ouvriers. À l’approche des JO, les cadences s’accélèrent et avec elles les risques encourus par les travailleurs. Matthieu Lépine, auteur de L’hécatombe invisible, revient pour le Bondy Blog sur les conditions de travail sur ces chantiers.

    Par Névil Gagnepain
    Le 25/05/2023