Je voyage souvent à Hong Kong. Au fil de mes séjours, j’ai réussi à perfectionner mon sens de l’observation afin de reconnaître mes compatriotes à l’étranger sans même les entendre parler ma langue. Grâce à un œil fin, mais surtout, grâce à des critères extérieurs bien spécifiques aux Français, qu’ils soient de « souche » ou pas d’ailleurs. Voici en trois points mes techniques de détection d’un Français à Hong Kong.

Le comportement

 

Grande première : les Français sont très modestes…comparés aux anglophones. Ces derniers semblent assez désintéressés, prétentieux et bruyants. Peut être est-ce dû au fait que les Anglais ont colonisé Hong Kong ou parce que la ville est totalement anglophone. Tout ou presque est sous-titré en anglais : les panneaux de circulation, les noms des rues, les enseignes publicitaires, les stations de métro ect… Il est donc très facile pour eux de communiquer et de se débrouiller sans même chercher à s’adapter à la population locale. Cela atténue fortement le sentiment d’être étranger et dépaysé.

Les Français n’ont pas cet avantage de la langue. La débrouille, la modestie vis-à-vis des locaux et l’envie de découvrir en découle. Je retrouve plus facilement les Français dans les lieux touristiques que dans les bars ou les magasins.

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Petite anecdote : Je dégustais des nuggets dans un Mc Donald’s en observant les gens. A la caisse, des jeunes Européens en groupe prenaient leur commande. Ils avaient du mal à communiquer avec le caissier. J’ai tout de suite compris qu’ils étaient Français. Il n’y que nous pour galérer en à ce point dans une ville anglophone ! J’avais raison, ils venaient de Lyon.

Le physique

 

Ce point concerne les Français de souche. Je ne saurais pas vous expliquer clairement la particularité d’un visage masculin français, mais j’arrive presque à tous les coups à les reconnaître. Un caucasien de taille moyenne qui possède des cheveux bruns, c’est le cliché du Français là bas. Déroulons le négatif : il n’a pas un grand gabarit comme un Allemand,  ni la tignasse blonde platine d’un Scandinave ou les cheveux de feu d’un Anglais. Il est quand même plus clair qu’un Espagnol.

Petite anecdote : Aucune. Sauf quand je me dis : « Celui là il a une bonne tête de Français » et que j’ai toujours raison.

L’habillement

 

Peu importe la couleur de sa peau ou le « bridage » de ses yeux, je reconnais facilement le touriste qui vit en France. Nous sommes à la pointe de la  mode, coquets et avant-gardistes au niveau vestimentaire. Par rapport aux Américains, qui ne savent pas du tout se saper, on est des paons. Même si la plupart des touristes français sont dans une tenue décontractée,  ils brillent comme des phœnix à côté des Yankees les plus fashion.

Il y a un made in France dans les combinaisons de vêtements, l’assortiment des couleurs, les styles de chaussures, la coupe des jeans ou les vestes les plus populaires. Un individu avec ces codes vestimentaires, c’est de la l’ADN pour mes yeux, ça sent le pays, le fromage et le pain.

Anecdote : j’étais dans l’ascenseur pour remonter dans mon auberge. En face de moi, un jeune homme européen. Il avait un jean classique, des Air Max aux pieds et une petite veste façon Redskins. Il était de taille moyenne, brun et pas trop baraque. Il descend au même étage que moi. Dans le couloir je l’interpelle : « Excuse me. Where your From ? ». « France » me répond-t-il. Du coup, vu mon anglais, il m’a lui aussi tout de suite reconnu comme un compatriote, malgré ma tête d’asiatique.

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Une autre anecdote : j’étais dans un magasin. Deux personnes d’origine maghrébine rentrent dans la boutique. Le fait de voir deux Maghrébins à Hong Kong m’a surpris, je l’avoue. Ces  visages je les connais bien, ils sont de chez nous comme qui dirait, ce ne sont pas ceux des  Arabes du Moyen-Orient, pensais-je. Les écouteurs Beats By Dre, la sacoche Gucci de l’un d’eux, qu’on voit souvent à Paris, et les dégradés chevelus ont fini de me convaincre que je n’avais pas affaire à des bledards. Pour en avoir le cœur net, je me suis approché d’eux. Effectivement, leur français était impeccable.

Prosith Kong

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