Petit attroupement samedi dernier à la gare de Bondy : des instits, des teenagers, et des parents avec des banderoles colorées à la main et des badges « Profs en colère » ou « Lycéens sacrifiés » épinglés à la boutonnière. Ca va manifester sur Paris contre la politique éducative du gouvernement. Pourquoi un samedi ? « Pour montrer qu’on est mobilisés, et qu’on ne manifeste pas forcément pendant les heures de cours pour sécher », confie un lycéen. Et vous madame l’institutrice, à deux ans de la retraite, pourquoi vous ne laissez pas courir ? «  Je pense à la relève, aux jeunes collègues, et puis j’espère avoir des petits-enfants, j’aimerais qu’ils aient encore de bonnes écoles. » 

Les écoles de Bondy ont connu plusieurs mouvements tout au long de la semaine, comme les opérations « écoles désertes » assez suivi par les parents, me l’un d’eux : « La politique du gouvernement est clairement mauvaise, il y a très peu de concertation avec le corps enseignant, chaque parti se braque, rien n’avance, donc pas de réformes dans le bon sens pour le bien de nos enfants. »

La nouvelle loi sur les discriminations alimente la poudrière, elle rend possible l’ouverture d’écoles privées non mixte : « J’ai encore une certaine idée de l’école républicaine et de ses principes, je ne pense pas que ceux-ci seront une priorité dans les nouvelles écoles catholiques ou coraniques qui risquent de fleurir avec cette loi. » Autres points d’achoppement : la suppression à terme de l’école maternelle ; les cours pour enfants en difficultés assurés par des enseignants spécialisés, supprimés pour laisser la place a des séances de soutiens scolaires pendant les vacances ; l’inégalité de moyen et d’action entre les territoires.

À la manifestation à Paris, à en croire les banderoles, tous les départements de la périphérie sont représentés, même si ce n’est pas la déferlante coté monde, entre 4000 et 7000, selon les chiffres. Sur place, même réaction qu’à Bondy : l’intérêt de l’enfant est sacrifié, suppression des postes, programmes inadaptés. « Ils rajoutent des nouvelles matières ? Parfait je me dis, mais ils enlèvent des postes, on fait comment dans ce cas ? », s’emporte un jeune instituteur. Son voisin, un prof de collège, renchérit : « Je viens d’un collège sensible, un de ceux qu’on appelle « ambition réussite », l’année prochaine ils suppriment sept postes dans mon établissement, comment faire mieux avec moins. »

Idir Hocini

Idir Hocini

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