Ce vendredi, j’arrive quelque peu en retard pour ce qui sera pour moi le premier cours de ma dernière année de fac. Do you speak English Sir ? I do – vous l’aurez compris, c’est de l’anglais. Heureusement pour moi, il reste encore de la place dans la salle, je m’assoie, regarde les autres étudiants autour de moi, et je retrouve ces sensations qui m’ont tant fait aimer les études : la liberté, le plaisir d’apprendre . J’entame ma Licence 3 de Lettres à Paris 8, et je n’aurais peut être pas pu toucher la chaise que je chauffe.

Apogée n’aime pas les étudiants, surtout leur réussite. Parfois, le logiciel perd les notes de ceux-ci, parfois il en rajoute. A son gré et à sa guise, il se permet de jouer à merlin l’enchanteur, et de décourager les étudiants. « N’étudiez pas vous dis-je ! Qu’avez-vous à faire de la méthode holiste de Weber, oubliez la troisième loi de Newton ! Allez plutôt courir de droite à gauche dans la faculté. Epuisez-vous à chercher des solutions inexistantes. »

Le logiciel réduit à ce dur labeur 3/4 des étudiants, dont moi. Depuis juillet, je me démène pour pouvoir me réinscrire, pour obtenir ma notification de bourse. Autant de péripéties qui n’avaient pas lieu d’être, autant de promesses qui n’ont pas été tenues. Mon père est allé jusqu’à dire que les études en elles-mêmes demandent assez d’efforts pour que les démarches au sein des établissements soient complexes.

Malgré les efforts d’Apogée à mettre la fac sans dessus-dessous, le corps professoral de l’université parvient à pallier et tenir Paris 8 debout. Leur travail quant à la gestion des dossiers étudiants est remarquable. Certains service de la fac m’ont permis d’arriver à bon port. En réalité à Paris 8 il y a ceux qui se soucient de vous, et ceux qui ne jetteraient pas un centime pour vos carcasses. L’un d’eux est celui qui a réussi à solutionner ma situation. Il a fallu rentrer toutes les notes en complet dans le logiciel, et réactualiser mon statut étudiant pour enfin  arriver à destination. Sans leur abnégation à ne pas laisser un outil informatique décider à lui seul des parcours des étudiants, Paris 8 aurait sombré dans le chaos.

Je suis passé par les mailles du filet, d’autres de mes camarades luttent encore avec le système. Je vais pourvoir enfin faire ce que je dois faire : étudier ! Ce qui m’avait été présenté comme « impossible » Mon père y a reconnu l’œuvre du ciel et la mienne. Je lui ai répondu qu’il n’y a que le ciel a remercier.

Jimmy Saint-Louis

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